14e réunion du réseau Gabriel: la science unie contre les maladies infectieuses persistantes

Pendant trois jours, soit de mercredi à vendredi, Antananarivo devient un carrefour international de la recherche scientifique. Le réseau Gabriel y réunit des experts venus de 16 pays pour repenser la lutte contre les maladies infectieuses, avec une attention particulière portée aux maladies tropicales négligées et au soutien des jeunes chercheurs.
Dans les salles du Radisson Blu, la science ne se contente pas de présenter des résultats : elle interroge, confronte et cherche des solutions communes. La 14e réunion du réseau Gabriel, portée par la Fondation Mérieux et le Centre d’infectiologie Charles Mérieux, rassemble cette semaine plus de 80 chercheurs engagés dans la lutte contre les maladies tropicales négligées.
Tous les 18 mois, ce réseau international met en commun les travaux de laboratoires répartis sur plusieurs continents. L’objectif est clair : renforcer la capacité de surveillance et de recherche face à des pathologies qui continuent de fragiliser les systèmes de santé, notamment dans les pays à ressources limitées.
Parmi les priorités abordées figurent les infections respiratoires aiguës, la tuberculose et surtout la résistance aux antimicrobiens, considérée comme l’une des menaces sanitaires majeures de demain. Mais à Anta­nanarivo, l’attention se porte aussi sur des maladies plus silencieuses, souvent oubliées, comme la lèpre ou la bilharziose.
Pour le Pr Luc Samison, directeur du Centre d’infectiologie Charles Mérieux, ces pathologies rappellent une réalité persistante. «A Madagascar, la lèpre reste présente avec environ 1.750 nouveaux cas chaque année, alors qu’elle a disparu ailleurs», souligne-t-il, insistant sur la nécessité d’améliorer encore le diagnostic, la prévention et la prise en charge.

Un réseau tourné vers la relève scientifique
Au-delà des échanges scientifiques, la rencontre met également en lumière une dimension essentielle : la transmission. Le réseau Gabriel consacre une part importante de ses activités à la formation et à l’accompagnement des jeunes chercheurs.
Cinq travaux sélectionnés parmi les meilleures recherches seront présentés lors du Prix des Jeunes Chercheurs. Deux lauréats seront récompensés et recevront chacun une dotation de 5.000 euros, un soutien destiné à prolonger leurs travaux et à leur ouvrir les portes de la scène scientifique internationale.
Pour Florence Pradel, responsable du pôle Résistance aux antimicrobiens et réseaux à la Fondation Mérieux, cette initiative dépasse la simple récompense. Elle s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à renforcer la recherche collaborative et à encourager l’émergence d’une nouvelle génération de scientifiques capables de répondre aux défis sanitaires mondiaux.

Fahranarison

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