Le doute est permis

Ces derniers mois, la levée de l’immunité parlementaire de certains députés, pour une raison ou une autre, a fait la une de l’actualité politique. Faut-il souligner que l’immunité parlementaire dont bé­néficie chaque élu au niveau de l’Assemblée nationale est l’un des principaux privilèges des députés.
Et certains candidats ne reculent devant rien pour se faire élire afin de bénéficier de ce privilège qui, apparemment offre une certaine protection à ceux qui en ont droit. C’est pourquoi, les législatives à Madagascar sont devenues un véritable objectif pour de nombreux politiciens (et même pour des non-politiciens).
Mais l’immunité parlementaire n’est pas le seul avantage qui attire les candidats à l’Assem­blée nationale. Il y en a bien d’autres. Parmi ceux-ci, on peut citer les avantages matériels qui sont loin d’être négli­geables (rémunération, indemnités diverses, …).
D’ailleurs, on peut se demander comment le pays, avec les moyens dont il dispose, peut se permettre d’accorder autant d’avantages à ses élus. Dans certains pays développés, les députés vivent de façon simple et sont loin de bénéficier des avantages comme leurs homologues malgaches.
Ils n’ont pas de voiture de fonction et Ils utilisent les transports en commun. A Mada­gascar, la première chose que demande les députés, une fois élus, ce sont les fameuses voitures 4×4. Et quand on ne satisfait pas leur demande, ils osent brandir la menace de la motion de censure.
Les députés suédois n’ont pas également d’assistants personnels. C’est tout le contraire à Madagascar. A chaque député, on autorise de nombreux assistants parlementaires. Et pour certains élus, c’est l’un des moyens de « caser » des membres de la famille, des amis, … .
Et on se demande bien à quoi vont servir tous ces assistants parlementaires. En tout état de cause, leur salaire reste modeste comparé à d’autres pays et certains reçoivent une petite indemnité de logement. Ce qui est loin d’être le cas des élus malgaches.
En agissant ainsi, l’objectif est de limiter les privilèges et de rapprocher les élus des conditions de vie des citoyens ordinaires. Bien au contraire, à Madagas­car, une fois élus, bien souvent les députés se considèrent comme des personnes à part et sont ainsi complètement disjonctés de la population.
Il serait intéressant de savoir si on se bousculera toujours au portillon de l’Assemblée nationale si les députés malgaches sont considérés au même niveau que les députés suédois et de ce fait, ne bénéficient pas des énormes avantages qu’on leurs accordent actuellement. Bien sûr, il y a toujours des exceptions, mais tout compte fait, pour la grande majorité, le doute est permis.

Ranaivo Lala Honoré

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