Ce ne sont pas des cobayes

Quelque chose ne tourne pas rond dans la tête des responsab­les de l’Education na­tionale et en particulier dans celle qui décident du calendrier scolaire. En effet, on se demande bien pourquoi a-t-on décidé de fixer que les vacances de Noël débuteront le 24 dé­cembre, c’est-à-dire, la veille de Noël.
Ne savent-ils pas que, pour une raison ou une autre, beaucoup d’enfants scola­risés ne vivent pas auprès de leurs pa­rents. Certains vivent même relativement loi et ne voient leurs pa­rents qu’à l’occasion de ces courtes vacances. Cette fois-ci donc, ils doivent voyager le jour de Noël.
De toutes les façons, depuis toujours, le ca­lendrier scolaire n’a jamais fait l’unanimité. Ce qui divise surtout porte sur la période des grandes vacances et donc de la grande rentrée scolaire. Quand les grandes vacances doivent-elles avoir lieu ? C’est la principale question ?
Tout au départ, on sait bien qu’il a été tout simplement calqué sur le calendrier scolaire français et il a toujours été gardé ainsi (à partir de la colonisation jusqu’à maintenant). Cela s’explique pour de nombreuses raisons. Et c’est pour les mêmes raisons qu’on garde encore le même calendrier.
Beaucoup de jeune poursuivent leurs études en Europe, principalement en France. Un changement du calendrier scolaire à Mada­gascar les pénaliserait automatiquement de la perte d’une année alors que maintenant, ils pour­suivent normalement leurs études.
Quant à ceux qui veulent un changement, ils basent leurs argumentations sur plusieurs faits. D’aucuns ignorent qu’aujourd’hui, les grandes vacances se déroulent pendant la période froide, du moins sur les Hautes terres. Or, les grandes vacances sont censées être une occasion pour se régénérer, se ressourcer sous le soleil. Ce qui est bien difficile à faire sous le froid.
Par ailleurs, à Ma­da­gascar, la période chaude est synonyme de période de pluies et de cyclones. Pour cette raison, certains parents veulent avoir leur progéniture près d’eux en permanence pendant la saison de grandes pluies, donc de cyclones pour se sentir plus rassurés.
Il faut reconnaître que beaucoup de jeunes rencontrent de nombreuses difficultés pour aller à l’école pendant la période de pluies. Les déplacements sont plus difficiles et les dangers sont permanents (inondations, crues, …).
Quoi qu’il en soit, quoi qu’on décide, cela ne fera jamais l’unanimité. Ce sujet sera-t-il soulevé pendant la concertation nationale ? Nul ne le sait à l’avance. De toutes les façons, ce que tout le monde de­mande, c’est qu’on fixe le calendrier scolaire, une fois pour toutes. Et qu’on ne le change pas chaque fois que le premier responsable change. Les enfants ne sont pas des cobayes.

Ranaivo Lala Honoré

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