Lundi dernier à Ambohimanambola, une employée de maison s’est enfuie de son lieu de travail, en emmenant avec elle le bébé de ses patrons, âgé de deux ans. Son intention n’était, ni plus ni moins, que de soutirer de l’argent à ses employeurs en faisant croire qu’elle et le bébé ont été séquestrés par des inconnus, et que ces derniers demandaient une rançon en contrepartie de leur libération.
En rentrant, les parents du bébé se sont étonnés de l’absence de l’employée de maison et de l’enfant. Mais ils n’ont pas paniqué pour autant, pensant que la bonne a dû sortir avec le bébé. Et pendant qu’ils attendaient patiemment le retour de la bonne, un SMS provenant d’un numéro masqué leur est parvenu vers 18 h, annonçant que la bonne et l’enfant ont été kidnappés, et que les ravisseurs réclamaient une rançon de 4 millions d’ariary pour leur libération.
Sans se poser des questions, le couple a avisé la gendarmerie d’Ambohimanambola, laquelle a sans attendre procédé à des investigations. «Le message disait qu’on les avait kidnappés et qu’on réclamait 4 millions d’ariary à titre de rançon, et que les parents devaient verser l’argent au plus vite pour éviter qu’on fasse du mal à leur bébé. Par rapport aux pressions, les parents ont immédiatement versé l’argent par mobile money comme les supposés kidnappeurs l’ont demandé», indique-t-on.
Après avoir reçu l’argent dans leur compte mobile monnaie, les malfaiteurs ont recontacté la famille pour leur dire qu’ils allaient déposer l’enfant à Ivandry en fin de soirée. Des gendarmes y ont donc été envoyés pour récupérer les victimes et faire la surveillance, mais il n’y avait personne.
Vers 22h, les parents ont reçu un appel anonyme annonçant que les deux «otages» se trouvaient à Vatobe, sur le By-pass. «Nous nous sommes dépêchés sur place et avons effectivement retrouvé le bébé et la domestique. Celle-ci a indiqué que les kidnappeurs les ont jetés sur les lieux», poursuit la gendarmerie.
L’on croyait alors que l’affaire allait en rester là, mais pour les enquêteurs au contraire, elle ne faisait que commencer. En mitraillant de questions la domestique, celle-ci a fait des révélations plus qu’incohérentes, au point que les enquêteurs ont fini par trouver en elle la première suspecte. Et au fil d’autres questions-pièges à elle posées, la servante a fini par vendre la mèche le lendemain en avouant tout, et de remettre aux enquêteurs la carte SIM sur laquelle l’argent a été versé.
L’on sait par ailleurs que l’audition au parquet de la domestique se fera ce jour, à Anosy…
ATs.




