Qu’est-ce qu’un musée aujourd’hui ? C’est à cette question que l’artiste Joël Andrianomearisoa tente de répondre à travers son projet « Musée des promesses », un ensemble de quatre œuvres monumentales installées dans la zone franche industrielle, au sein du groupe Filatex à Ankadimbahoaka. L’inauguration s’est tenue samedi, en présence de Fenosoa Gascar, ministre de la Communication et de la culture.
Architecte de formation, Joël Andrianomearisoa a souhaité présenter, dans ce projet, sa vision de l’architecture et son univers artistique. L’année dernière, il a conçu au Bénin un musée conceptuel et non traditionnel. Séduit par cette réalisation, Hasnaine Yavarhoussen, fondateur du Fonds Yavarhoussen, lui a proposé d’imaginer un projet similaire à Madagascar.
« Je lui ai alors proposé quatre œuvres », explique l’artiste. C’est ainsi qu’est né « Musée des promesses ».
Entre sculpture et architecture, ces espaces invitent à repenser la notion même de musée, particulièrement dans un contexte africain où cette culture reste encore peu développée. Dépourvus de portes, ils favorisent une circulation libre afin de rapprocher le public des œuvres et de rendre l’art accessible à tous.
Quatre espaces aux usages multiples
Inspirés de l’architecture brutaliste et de formes monolithiques, les quatre musées expriment une esthétique volontairement froide et glaciale. « J’assume ce choix », affirme Joël Andrianomearisoa. Chaque structure possède sa propre identité tout en étant composé d’un jardin de citronnelles, plante à la fois médicinale, apaisante et ornementale.
Certains espaces intègrent une petite scène, d’autres sont composés de deux blocs pouvant accueillir des oeuvres artistiques. Les artistes pourront y exposer des tableaux, présenter des performances, projeter des vidéos ou encore organiser des installations éphémères… « Ces lieux offrent une totale liberté de création », souligne-t-il.
Ouverts aux peintres, photographes, danseurs, vidéastes et à tous les créateurs, les « Musées des promesses » seront administrés par le Fonds Yavarhoussen, qui recevra les propositions des artistes. Au-delà de leur vocation culturelle, ces espaces sont aussi des lieux de vie où les passants pourront s’arrêter, se détendre, pique-niquer ou simplement profiter de l’environnement. Avec ce projet, Joël Andrianomearisoa transforme le musée en un territoire artistique, ouvert sur la ville et sur ses habitants. « Nous espérons ainsi que ce genre de projet puisse se développer davantage », conclut le ministre.
Holy Danielle




