Justice pour Larissa: Ambositra en ébullition, le couvre-feu instauré

La situation a évolué à une vitesse fulgurante, depuis la découverte (d’une partie) du corps mutilé de la petite Larissa, mercredi soir dans une fosse d’aisance à Fasimena Ambositra II. Entre incendie de la maison de l’une des suspects sise à Vatovory, puis pillage d’une quincaillerie, transfert des suspects à Antanimora et Tsiafahy, série de déclarations et mise en place d’un couvre-feu, le chef-lieu de la région Amoron’i Mania était en ébullition ces derniers jours. L’enterrement de la victime a eu lieu, hier à Ambohimahazo Manandriana.

Ambositra était à la fois en deuil et en colère, ces trois derniers jours. La journée de jeudi était la plus mouvementée, tellement le meurtre sordide de Fifaliantsoa Valimbavaka Larissa Andriniaina alias Larissa, âgée de 11 ans a affecté l’opinion publique. Découverte dans une fosse d’aisance à Fasimena Am­bositra II, mercredi soir après les aveux de l’un des suspects, seule une partie du corps de Larissa a pu être récupérée, sa mort remontant à plusieurs jours. Elle a en effet été kidnappée le 30 avril et ses présumés assassins ont été présentés au TPI d’Ambositra, le 8 mai.
La nouvelle a mis en ébullition la population d’Am­bositra, des défilés ont eu lieu dans la ville, d’abord pour présenter les condoléances à la famille de la victime. Puis, les proches de Larissa (qui aurait dû passer son CEPE cette année et cé­lébrer son anniversaire ce lundi), ont décidé de ramener le corps sillonner la ville. Entretemps, une foule en furie s’est rendue dans la maison de l’une des présumés assassins pour le piller puis l’incendier.

Retour au calme
De leur côté, les autorités locales ont déjà transféré, jeudi matin, les quatre sus­pects pour éviter tout éventuel débordement. Les deux hommes ont été placés sous mandat de dépôt à Tsiafahy et les deux femmes dont une proche de la famille de La­rissa, à Antanimora. «Au début, les quatre individus ont été poursuivis pour enlèvement contre rançon, mais maintenant le meurtre s’ajoute aux chefs d’inculpation», a expliqué, hier le substitut de la Procureure près le Tribunal de première ins­tance d’Ambositra, Jhonny Alberto Ranaivomanantsoa.
Même dans la soirée de jeudi, des habitants d’Am­bositra ville s’en sont pris à la quincaillerie appartenant au proche de l’une des sus­pects. Les Forces de défense et de sécurité ont dû intervenir, cette fois, car le pillage pourrait s’étendre sur d’autres établissements qui n’ont rien à voir avec les présumés assassins. Après les jets de gaz lacrymogène et la descente sur place du préfet, Richard Rakotomalala, la situation s’est calmée.

Couvre-feu entre 21h et 4h
Hier, les déclarations se sont succédé. D’abord, une église reliée à tort aux événements, a effectué un démenti. Puis durant la messe pour l’ultime hommage à Larissa, ses parents ont appelé au calme tout en manifestant leur crainte vu que d’autres individus impliqués pourraient courir toujours. La branche Ambositra du Con­seil œcuménique des Eglises chrétiennes (FFKM) a de­man­dé la tenue d’une en­quê­te au fonds dans de tel crime.
Enfin, la préfecture d’Am­bositra a mis en place un couvre-feu entre 21h et 4h. Les sorties nocturnes seront alors strictement réglementées jusqu’à nouvelle ordre. Une foule dévastée a accompagné le cortège funèbre de la petite Larissa jusqu’à sa sortie de la ville d’Ambosi­tra, hier après-midi, pour son dernier voyage vers son tombeau familial à Am­bohi­mahazo Manandriana où elle va reposer en paix auprès des siens.

LR

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