La prise en charge psychiatrique reste très limitée à Madagascar, notamment en raison du manque de structures, d’infrastructures et de spécialistes. Pour 35 millions d’habitants, Madagascar ne compte que 67 psychologues dont un seul est fonctionnaire, 3 professeurs agrégés en psychiatrie, 7 neuropsychiatres et 13 psychiatres.
Pour les infrastructures, des services psychiatriques existent au niveau des CHU des six provinces. Mais les centres de prévention et de diagnostic en santé mentale (CPDSM) ne se trouvent qu’à Antsirabe, Ambositra et Manakara. A noter qu’au niveau de certains districts, les services psychiatriques sont inexistants ou encore inclus dans le service de la médecine interne.
A ce contexte s’ajoute la culture du linge sale qui ne se lave qu’en famille ou «Tokatrano tsy ahahaka», c’est-à-dire le fait de cacher les malades pour éviter la stigmatisation de la famille ou des voisins.
Briser les mythes des troubles mentaux
Dans le domaine de la santé mentale, les troubles mentaux demeurent, non seulement largement méconnus à Madagascar, mais parfois aussi stigmatisés, retardant la prise en charge.
Face à ce constat, l’ONG Humanité & Inclusion, en collaboration avec des spécialistes du Centre hospitalier universitaire Le Vinatier (France), de l’Ordre National des Psychologues de Madagascar (ONPM) ainsi que de l’association PsyKôzy, a organisé une session de formation du 21 au 23 juillet, afin de renforcer les compétences des professionnels et des acteurs impliqués dans l’accompagnement des jeunes souffrant de troubles mentaux dans le pays.
Toujours dans cette optique, une conférence portant sur le thème «Briser les mythes sur les troubles mentaux : vers une meilleure compréhension et un accompagnement adapté», entrant dans le cadre du projet «Tony» avec le soutien financier de la Fondation LINSI, a clôturé cette session hier au le Pavé Antaninarenina, pour renforcer les connaissances des bénéficiaires, favoriser les échanges de bonnes pratiques entre eux ainsi que de contribuer à une meilleure prise en compte de la santé mentale à Madagascar.
Sera R.




