A l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains, célébrée jeudi à Andrainarivo, le ministère de la Justice a révélé que des centaines de personnes ont déjà été interpellées à Madagascar dans le cadre des affaires de scamming. Certaines ont déjà été jugées, tandis que d’autres ont été rapatriées vers leur pays d’origine.
Au début, les activités de scamming ont été localisées à Antananarivo et Toamasina, avant de s’étendre progressivement à plusieurs régions du pays. Cette forme de criminalité consiste à soutirer de l’argent, des données personnelles ou d’autres biens de valeur à des victimes au moyen d’escroqueries, principalement via les outils numériques, en employant des ressortissants étrangers.
Le thème retenu cette année est « Piégés par les escroqueries en ligne ». Il met en lumière les victimes de la traite contraintes de participer à des opérations de fraude sur Internet, imposées par les organisations criminelles.
Face à l’ampleur du phénomène, Madagascar renforce sa coopération avec plusieurs partenaires internationaux, notamment la Chine, les États-Unis, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Rwanda. Les autorités malgaches poursuivent également les opérations de rapatriement de ressortissantes étrangères victimes de ces réseaux et insistent sur l’importance de la coopération internationale, pour prévenir cette criminalité.
Pour coordonner la riposte nationale, une task force a été mise en place. Elle regroupe les ministères de la Justice, de la Sécurité publique et de l’Intérieur, la Gendarmerie nationale ainsi que le Bureau national de lutte contre la traite des êtres humains (BNLTEH).
Engagement des Etats-Unis
Présents à cette célébration, les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à accompagner Madagascar dans cette lutte. Ils ont salué le rôle joué par le BNLTEH dans la coordination des actions de prévention, de protection des victimes et de répression des réseaux criminels.
« Je tiens à exprimer les préoccupations du gouvernement des États-Unis concernant l’existence de centres d’appels dédiés aux escroqueries à Madagascar », a déclaré Melanie Higgins, chargée d’affaires par intérim des États-Unis. Elle a toutefois salué les efforts des forces de l’ordre malgaches dans les enquêtes menées contre ces réseaux.
« Le gouvernement américain réaffirme son entière volonté de travailler aux côtés de Madagascar pour promouvoir les droits humains et lutter contre la traite des êtres humains », a-t-elle ajouté.
Selon le Rapport 2025 sur la traite des personnes publié par le Département d’État américain, Madagascar est passé au niveau 2 du classement international grâce aux efforts déployés par le gouvernement dans la poursuite des trafiquants et le renforcement de la protection des victimes.
N.A/ Sera R.




