L’existence de corruption dans le cadre du concours d’entrée à l’ENMG (Ecole nationale de la magistrature) a fait couler beaucoup d’encre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les épreuves qui ont dû faire suite ont été suspendues. Finalement, le concours est à refaire pour tous, dans un mois.
Cette décision a certainement divisé les esprits. Si certains trouvent cette décision somme toute logique, d’autres pensent qu’on aurait dû considérer les résultats déjà obtenus. Il est certain que ceux qui ont été admis vont se sentir frustrés. Mais comment distinguer les bons des mauvais candidats ?
Ce n’est pas possible. D’où la décision de réorganiser un nouveau concours, avec, certainement, les mêmes candidats. Si ce n’était pas le cas, l’existence d’une liste additive fera jaser certaines personnes. Effectivement, on pourra se demander d’où viennent ces nouveaux candidats ?
Le court délai entre la décision de réorganiser un nouveau concours et la date dudit concours (juste un mois) a également suscité de nombreuses critiques. Mais en fait, ce n’est pas un problème pour ceux qui ont vraiment bossé. Il leur suffira de quelques jours pour réviser le tout.
Il va sans dire que ceux qui ont payé une somme importante pour être admis peuvent mettre une croix sur leur « investissement ». Il n’y aura pas de remboursement. Dans ce type de transaction, cela se fait toujours aux risques et aux périls des usagers.
D’une manière générale, on peut dire que ce type de corruption existe dans quasiment tous les concours organisés pour le recrutement au sein de l’administration publique. Qu’il s’agisse de recrutement de magistrat, d’officiers de police ou de la gendarmerie, … la corruption est toujours là.
C’est un système qui, en fin de compte, affecte la qualité des services de l’administration publique. Ce ne sont pas toujours les meilleurs éléments qui sont recrutés comme il se doit. Des brebis galeuses peuvent toujours s’introduire au sein du troupeau.
Et le cas échéant, il ne faut plus s’étonner plus si la machine administrative ne fonctionne pas bien. On ne peut pas donner de grandes responsabilités à des personnes incompétentes, qui n’ont obtenu leur poste que par le biais de l’utilisation de moyens condamnables.
Quoi qu’il en soit, même si on réorganise un nouveau concours, cela ne gommera jamais le fait qu’il y a eu des cas de corruption. Même dans les générations futures, on s’en souviendra toujours. C’est une tache indélébile qui affectera toujours l’ENMG.
Et plus grave encore, quoi qu’on fasse ou quoi qu’on dise, on ne fera jamais plus totalement confiance aux résultats des concours à venir. Compte tenu de cet antécédent, qu’on le veuille ou non, des suspicions de corruption existeront toujours. L’avenir nous le confirmera ou non.
Ranaivo Lala Honoré




