Sûreté maritime: l’U.S. Coast Guard inspecte le port de Toamasina

A priori, la visite d’une délégation de la Garde côtière américaine au port de Toamasina, le 4 août, ressemble à une mission de routine technique. Pourtant, replacée dans un plus large contexte, elle prend une autre portée.
Le 12 février, l’U.S. Coast Guard a annoncé la révocation des exemptions dont bénéficiaient certaines installations portuaires malgaches. Depuis le 25 février, les navires arrivant aux États-Unis, après fait escale au port malgache lors de leurs cinq dernières escales, peuvent être soumis à des mesures de sûreté renforcées.
Il ne s’agit pas simplement d’inspecter les clôtures, les caméras ou les accès. La Coast Guard insiste surtout sur la supervision gouvernementale, à savoir l’évaluation des risques, les exercices, l’application des règles et le partage du renseignement. Derrière la sûreté d’un terminal, c’est donc la capacité de l’État à coordonner toute la chaîne maritime qui est examinée. L’enjeu est considérable dans la mesure où Toamasina traite plus de 80 % du volume des marchandises entrant et sortant de Madagascar.

Test politique
Sur le plan technique, cette mission a été axée sur l’application des standards internationaux et l’identification d’éventuelles insuffisances. Sur le plan politique, elle veut s’assurer de la capacité de Madagascar à garantir lui-même la fiabilité de son système portuaire.
Cette situation rappelle que la puissance géopolitique passe également par les normes. Les États-Unis ne contrôlent pas Toamasina, mais ils fixent les conditions d’accès à leurs ports. Une décision prise par Washington peut donc produire des effets jusque dans l’océan Indien.

Tivo Rasam

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