Trop dépendants

Aux dernières nouvelles, 90 000 personnes seraient infectées du VIH/Sida à Madagas­car. Il faut savoir que ce chiffre concerne seulement les personnes dé­pistées. Quant aux autres, c’est-à-dire, tous ceux qui portent la maladie mais qui ne se sont pas faits dépistés, elles ne sont pas prises en compte.
Ce qui fait, qu’en réalité, le nombre de sidéens réels dans le pays peut dépasser de très loin ce chiffre officiel. La raison est que, malheureusement, dans de nom­breuses contrées et ré­gions, on n’effectue absolument pas de dé­pistages. Ainsi, la maladie continue à se transmettre inéluctablement.
Pour cette raison, beaucoup de personnes infectées ne savent mê­me pas qu’elles sont malades et risquent de transmettre cette maladie à d’autres personnes. Quant aux autres qui savent qu’elles peuvent transmettre cette maladie d’autres personnes, cela ne les préoccupent nullement.
D’autant plus que, pour une raison ou une autre, l’utilisation de préservatifs n’est pas encore entrée dans les mœurs de nombreuses familles malgaches, en particulier, en milieu rural. On se demande d’ailleurs quelles en sont les raisons. Absen­ce ou insuffisance de campagnes de sensibilisation, … ?
Il faut noter que les libertés sexuelles sont différentes suivant cha­que région. Dans certaines, il n’existe aucune restriction à ce sujet et on laisse les jeunes agir comme ils veulent. Et ce n’est pas étonnant quand on constate que les cas de sida sont plus nom­breux dans ces régions par rapport à d’autres.
On remarquera que beaucoup de personnes essaient de guérir cette maladie suivant des re­mèdes ancestraux dont l’efficacité n’a pas jamais été scientifiquement dé­montrée. Mais beaucoup y croient et de nombreux charlatans en profitent pour dépouiller les crédules de leurs petites économies.
Il est malheureux de constater que dans de nombreux pays en développement comme Ma­dagascar, quand les au­torités sanitaires doivent faire face à de nouvelles épidémies qui se manifestent dans un pays don­né, elles négligent plus ou moins les maladies contre lesquelles les efforts de lutte doivent se poursuivre.
C’est ainsi qu’après le Covid, ces autorités sanitaires sont aujourd’hui plongées jusqu’au cou dans la lutte contre le Mpox. Pour cette raison, certaines maladies plus anciennes sont mises de côtés (paludisme, sida, …). Pourquoi ? Par manque de moyens financiers ou humains ? les deux sont possibles.
De toutes les façons, on remarquera qu’à cha­que fois, quand une nouvelle épidémie se manifeste, on reste dans l’atten­te des aides ou des dons provenant soit des organisations sanitaires internationales soit des pays partenaires amis. Nous en sommes trop dépendants.

Ranaivo Lala Honoré

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