Pety Rakotoniaina: « Pourquoi un dialogue politique maintenant ? »

Le président de la commission d’enquête parlementaire sur la Jirama, Pety Rakotoniaina, s’interroge sur l’opportunité d’un dialogue politique dans le contexte actuel. Lors d’une conférence de presse tenue hier à Tsimbazaza, il a estimé que le pays est stable et que les institutions fonctionnent normalement.
«Le pays est stable, pourquoi un dialogue politique maintenant ?», s’est interrogé Pety Rakotoniaina. Pour lui, l’ouverture d’un dialogue devrait répondre à une situation précise et à des problèmes clairement identifiés. Dans le contexte actuel, la priorité devrait plutôt être de permettre aux institutions d’exercer pleinement leurs missions et leurs prérogatives sans être perturbées les travaux déjà engagés par l’Assemblée nationale.
Le président de la commission d’enquête sur la Jirama émet également des réserves sur les motivations de certains acteurs favorables à cette démarche. Il estime que des intérêts particuliers pourraient se trouver derrière cet appel, notamment de la part de personnes ou de groupes concernés par les investigations parlementaires. Sans citer de noms, il dit s’interroger sur les raisons de cette initiative.
Pety Rakotoniaina re­doute surtout un ralentissement des travaux parlementaires. L’enquête sur la Jirama se poursuit, tandis que la commission entend également examiner d’autres dossiers. Il a notamment évoqué une somme de 4 milliards d’ariary qui aurait disparu sous l’ancien régime et qui reste, selon lui, à éclaircir.
Par ailleurs, il a rejeté les accusations de complaisance des parlementaires envers le pouvoir de la Refondation en raison de leur soutien. «Nous ne faisons pas de complaisance en soutenant le pouvoir actuel. C’est sous ce régime que nous avons réellement pu exercer notre mandat de député», a-t-il affirmé.
Selon lui, l’Assemblée nationale dispose aujourd’hui de davantage de possibilités pour exercer son rôle de contrôle, notamment à travers les commissions d’enquête et la convocation de ministres et de hauts responsables afin d’obtenir des explications sur les dossiers examinés. Pour Pety Rakotoniaina, le soutien au processus de Refondation ne signifie donc pas un renoncement au contrôle parlementaire.
Le député s’est également prononcé sur le fédéralisme. Il rejette l’idée que ce système puisse conduire à la division de Madagascar et plaide plutôt pour davantage de pouvoirs administratifs et de moyens financiers en faveur des régions. «Aucun Malgache ne souhaite diviser le pays», a-t-il soutenu, estimant qu’un renforcement de la décentralisation pourrait au contraire contribuer à consolider l’unité nationale.

S. Andraina

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