La Jirama importe directement son gasoil ! Une cargaison de gasoil destinée exclusivement à la Jirama arrive ce jour à Toamasina. Le tanker Sunda One accoste au port. L’Etat malgache a directement importé ce carburant pour approvisionner les centrales de la Jirama. La cargaison devrait couvrir plusieurs mois de consommation. Cette importation marque une première pour la compagnie nationale d’électricité. Elle intervient en dehors du circuit traditionnel des distributeurs pétroliers.
«Cette cargaison permettra de soutenir la production électrique pendant plusieurs mois », indique le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga. En effet, pendant la période d’étiage, les ressources hydroélectriques diminuent fortement. Les turbines à combustion d’Ambohimanambola fonctionnent alors principalement au gasoil. Plusieurs régions dépendent également de groupes électrogènes alimentés au gasoil. L’approvisionnement régulier devient donc crucial pour maintenir la production électrique.
Parallèlement, le tanker Tormeva arrivera à Toamasina. Il transportera du gasoil, du SP95 et du pétrole lampant importés par le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM). Cette seconde cargaison relève du circuit habituel d’approvisionnement. L’opération Sunda One constitue donc l’élément inédit de cette double arrivée.
Nouvelle approche
Cette opération découle des nouvelles dispositions encadrant l’aval pétrolier. Elle s’appuie aussi sur l’état d’urgence énergétique renouvelé récemment. La Jirama bénéficie désormais de licences lui permettant d’intervenir directement dans certaines activités pétrolières. Cette possibilité résulte notamment d’une décision prise en Conseil des ministres.
Vendredi dernier, un Conseil des ministres spécial a renouvelé l’urgence énergétique pour quinze jours. Il a également réquisitionné la Jirama pour sécuriser son approvisionnement. La compagnie peut ainsi engager les négociations nécessaires pour acheter du carburant. L’objectif consiste à assurer l’alimentation de ses centrales durant les prochains mois.
Cette évolution pourrait réduire la dépendance de la Jirama envers les distributeurs habituels. Elle pourrait aussi modifier progressivement le fonctionnement du marché pétrolier. « C’est le signe de la fin du monopole », estime une source proche du dossier.
Le stockage reste toutefois un défi pour la compagnie nationale. La Jirama dispose d’une licence de stockage, mais manque encore d’infrastructures adaptées.
Arh.




