La situation humanitaire dans le Sud de Madagascar s’impose comme une nouvelle priorité pour les autorités. Le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, s’est entretenu le 12 août, au Palais d’Ambohitsorohitra, avec Anthony Ngororano, coordonnateur résident des Nations unies, et le représentant du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Madagascar. L’objectif était d’échanger sur les moyens de renforcer la réponse face à la sécheresse et à l’insécurité alimentaire.
Cette rencontre intervient alors que plusieurs districts du Sud font face aux conséquences de la sécheresse, avec des risques importants pour la sécurité alimentaire des populations. Selon les données évoquées lors de cet entretien, 17 districts sont concernés par la situation, dont 14 dans le Sud de Madagascar. Les conditions pourraient encore se dégrader à partir du mois de novembre.
Renforcer l’action humanitaire
Face à cette urgence, les autorités souhaitent accélérer les interventions sur le terrain et renforcer la coordination entre les différents acteurs.
Les échanges ont notamment porté sur la nécessité de mettre en place des actions d’urgence dans les zones les plus touchées. Des interventions sont envisagées à partir du mois d’octobre afin de limiter les conséquences de la crise sur les habitants.
Le risque est d’autant plus important que la crise pourrait toucher un nombre considérable de personnes. Environ 425.000 Malgaches seraient actuellement concernés, selon les estimations présentées. En cas d’aggravation liée au phénomène El Niño, ce nombre pourrait atteindre 1,9 million de personnes.
Le gouvernement mise sur la coopération internationale
Dans ce contexte, l’exécutif entend renforcer la coopération avec les organisations internationales et humanitaires. Le CICR devrait ainsi poursuivre ses interventions en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) et les autres acteurs engagés sur le terrain.
Pour le gouvernement, cette mobilisation doit permettre d’apporter une réponse rapide aux populations les plus vulnérables, tout en inscrivant l’action humanitaire dans une stratégie plus large de développement du Grand Sud.
La rencontre entre le chef de l’Etat et les représentants des Nations unies et du CICR traduit ainsi la volonté affichée du pouvoir de déployer une aide nationale et internationale ambitieuse face à une crise qui menace de s’aggraver dans les prochains mois.
Au-delà des aspects humanitaires, la discussion entre le chef de l’Etat et le coordonnateur résident des Nations unies a également porté sur les enjeux de développement économique du pays. Les deux personnalités ont, par ailleurs, évoqué la consultation politique actuellement menée par le président de la Refondation dans le cadre des préparatifs des élections.
N.A.




