Insertion socioprofessionnelle des jeunes: aller au-delà de la question de l’emploi

A l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse célébrée hier, placée cette année sous le thème « Différentes réalités, aspirations communes », le sociologue Lanto Ratsida, de l’Observatoire de la jeunesse, souligne qu’il est impératif d’aller au-delà de la seule question de l’emploi.

«L’accès au marché du travail dépend étroitement de l’origine sociale, du capital culturel et des réseaux relationnels», a indiqué Lanto Ra­tsida. Il appelle ainsi à passer de la simple célébration à la construction de politiques publiques pérennes.
«A Madagascar, cette diversité est particulièrement marquée. Les jeunes ne disposent pas tous des mê­mes ressources, des mêmes possibilités ni des mêmes conditions pour construire leur avenir», a-t-il déclaré. Il ajoute qu’il convient de comprendre comment un jeune acquiert progressivement les ressources, les relations, les compétences et les codes sociaux qui lui permettent de trouver sa place dans le monde professionnel et, plus largement, dans la société.

Inégalités de capital social et culturel
D’après son constat, un jeune ayant grandi dans un environnement familial fa­miliarisé avec les procédures administratives, les codes de recrutement, les pratiques d’entretien d’embauche et les réseaux professionnels est mieux préparé aux exigences du marché. A l’inverse, un jeune issu d’un milieu populaire ou d’un milieu rural, bien qu’il puisse dis­poser de nombreuses compétences pratiques et de savoir-faire utiles, est souvent moins familier avec ces codes.
«Le problème n’est donc pas nécessairement un man­que de compétences. Il s’agit souvent d’un décalage entre les dispositions acquises dans le milieu de socialisation et les attentes du monde institutionnel et professionnel», a-t-il précisé.
En conclusion, le sociologue fait remarquer que cette Journée internationale de la jeunesse doit permettre d’évaluer les politiques d’insertion et de renforcer les dispositifs d’accompagnement, en particulier pour les jeunes les moins favorisés sur le plan social et culturel. Il convient également de valoriser les profils des jeunes ruraux et de ceux issus des milieux populaires en reconnaissant leurs compétences réelles plutôt que de les aborder uniquement sous l’angle du manque de qualification. Enfin, il préconise de rendre les mécanismes de recrutement plus transparents afin d’atténuer le poids des inégalités sociales et des réseaux d’influence.

Recueillis par Sera R.

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