Trouver d’autres marchés

D’après une décision du Sénat américain, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) pourrait être prolongé jusqu’en dé­cembre 2028. Mais le conditionnel est de ri­gueur dans la mesure où la Chambre des représentants américaine, l’équivalente de notre Assemblée nationale, doit encore examiner le texte avant la promulgation finale du Président des Etats-Unis.
Autrement dit, il y a encore deux écueils à éviter. Pour cette raison, il ne faut pas crier victoire trop tôt quoi­que cette nouvelle ap­porte déjà une bouffée d’air frais pour l’industrie textile du pays, notamment les entre­prises franches car il devrait expirer à la fin de cette année. Or, son maintien est vital pour les entreprises franches.
Faut-il rappeler que cet accord permet aux pays africains qui en bénéficient (ils sont au nombre de 32 dont Ma­dagascar) d’exporter certains de leurs produits vers les Etats-Unis sans droits de douanes. Ce qui leurs donne un certain avantage par rapport aux produits concurrents des autres pays non éligibles à l’AGOA.
En ce qui concerne Madagascar, cet accord est quand même important. En effet, il ne s’agit pas seulement du textile, comme beaucoup le pensent. D’autres produits sont également concernés tels que la vanille, les épices… Autrement dit, des produits qui pèsent lourd au niveau du commerce extérieur malgache.
Le bénéfice des avantages de l’AGOA porterait un coup fatal à la compétitivité des produits malgaches. Ce qui mettrait beaucoup d’entreprises franches en difficulté. Les conséquences seraient lourdes avec probablement la fermeture de certaines usines qui se matérialisera par le licenciement de nom­breux travailleurs ou tout au moins par le chômage technique.
Quant à la vanille et aux épices, ce sont de nombreux intervenants dans ces filières (planteurs, collecteurs, exportateurs, …) qui vont se trouver en difficulté. Et bien évidemment, cela aura des répercussions négatives sur la balance commerciale du pays. Or, pour le moment, on dépend fortement des avantages de l’AGOA.
Face à cet avenir incertain, il est plus que temps que l’on pense à ce qu’il faut faire si jamais l’AGOA prenait fin. Ce qui arrivera bien sûr un jour ou l’autre. De toutes les façons, tout dépend du moment quand cela interviendra. De toutes les façons, les seules solutions sont de diversifier les marchés, trouver de nouvelles débouchées.
C’est plus facile à dire qu’à faire. Effectivement, certains de nos concurrents ont déjà une certaine avance à ce sujet. Il sera difficile de se faire une place. Mais il n’y a pas d’autres alternatives. Et malgré le fait qu’on dispose encore de deux ans avant cette échéance, ce délai est trop court pour trouver d’autres marchés.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: