Portrait : Manitra Randrianarivomanana, cofondateur de Mpikifa Sneakers, la marque qui habille le sport malgache

Le saviez-vous ? Une marque de tenues sportives malgache habille des clubs jusqu’au Canada, en France ou à Maurice. Amateurs de basketball ou de rugby, vous la connaissez peut-être déjà. C’est elle qui vêt nos équipes de basketball et les Makis Rugby à 7. Cette marque, c’est Mpikifa Sneakers. Son cofondateur, Manitra Randrianarivomanana, nous raconte son histoire et nous ouvre les portes de son parcours aujourd’hui. Portrait.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Manitra Randrianarivomanana, cofondateur de la marque Mpikifa Sneakers, une marque qui rassemble les passionnés de sneakers, de sport et de streetwear.

À quel moment avez-vous eu l’idée de créer votre activité ?
Avant de nous lancer dans l’entrepreneuriat sportif, nous évoluions surtout dans le streetwear, avec l’idée que les sneakers pouvaient se porter en dehors des terrains de sport, à condition d’être bien associées à la bonne tenue. Avec le temps, nous avons reçu des demandes de clients pour des tenues sportives, et c’est là qu’est née l’idée. Le secteur manquait de véritable professionnalisme aussi. Mpikifa Sneakers a été créée officiellement en 2018, et dès 2019, plusieurs équipes canadiennes, comme Massalgi et Gassikebs, nous ont contactés pour confectionner leurs maillots pour la RSM. D’autres équipes nous ont suivis, comme 4Bornes à Maurice et plusieurs formations en France pour la RNS.

Pourquoi avoir choisi précisément le secteur sportif ?
Nous avons choisi le secteur sportif parce qu’en observant nos joueurs sur la scène internationale, nous constations que les maillots et les tenues manquaient de créativité. Nous pensions pouvoir y remédier, car même si ce ne sont “que” des vêtements, ils représentent, au premier regard, l’image que l’équipe renvoie aux spectateurs.

Que proposez-vous aujourd’hui exactement ?
Aujourd’hui, nous continuons de proposer des vêtements urbains et des tenues de sport, mais nous sortons également de notre zone de confort. Nous sommes en mesure de répondre à toutes les demandes de nos clients dans le domaine du textile.

Avec quels moyens avez-vous commencé ?
Nous étions deux à avoir créé la marque. Au tout début, nous avons dû puiser dans nos petites économies personnelles, avant de nouer, avec le temps, des collaborations. Je tiens notamment à mentionner la collaboration avec la Laiterie Maminiaina.

Au début, quelles ont été vos principales difficultés ?
Nos principales difficultés étaient d’ordre financier. Face aux grosses commandes, nous avions parfois du mal à réunir les fonds nécessaires pour acheter les matières premières. Mais nous avons tenu bon, car les clients revenaient toujours, et de nouveaux clients continuaient d’arriver. C’était pour nous une petite satisfaction à chaque fois.

À quel moment avez-vous senti que votre activité commençait réellement à fonctionner ?
L’activité a réellement décollé lorsque des équipes du Canada, de France et de Maurice nous ont sollicités pour créer leurs maillots. Il y a également eu la collaboration avec la Fédération malgache de basket, puis avec les Makis Rugby à 7 et la FMaM (motocross), qui nous ont, eux aussi, confié la réalisation de leurs tenues. Nous n’avons pas eu vraiment besoin de convaincre les clubs : nos produits se distinguaient déjà par leur qualité, mais aussi par leur design et la créativité apportée à chaque pièce.

À qui vous adressez-vous principalement : sportifs professionnels, amateurs, clubs, écoles, particuliers… ?
Nous n’avons pas de clientèle type : tout le monde est le bienvenu, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises. Nous veillons toujours à garantir la même qualité pour tous nos produits.
Qu’est-ce qui distingue vos produits de ceux que l’on trouve déjà sur le marché ?
Comme je le disais, nos produits sont personnalisés selon la demande du client : zéro limite. Nous travaillons avec des matières et des fournisseurs locaux, mais nous avons également fait du sourcing à l’étranger, notamment en Chine, pour identifier les axes d’amélioration possibles. Nos modèles suivent le plus souvent les tendances du moment à l’échelle mondiale.

Y a-t-il un produit dont vous êtes particulièrement fier ?
Pour être honnête, nous sommes fiers de tous nos produits, car chacun d’entre eux est différent. Nous proposons souvent nos créations en petites quantités, afin d’éviter tout effet de banalisation.

Comment décririez-vous aujourd’hui le marché de l’habillement sportif à Madagascar ?
Il y a aujourd’hui beaucoup de concurrence, mais le marché reste encore vaste. Je pense aussi que les consommateurs malgaches sont prêts à acheter des vêtements sportifs fabriqués localement.

Quelle a été votre plus grande erreur depuis vos débuts ?
Je pense à celle d’avoir refusé un marché par peur de l’échec.

Comment gérez-vous les périodes où les commandes diminuent ?
Nous nous concentrons rapidement sur le lancement de nouveaux produits.

Qu’est-ce qui vous donne encore envie de continuer aujourd’hui ?
L’élargissement de notre clientèle au-delà du monde du sport. Des artistes, comme Bolo, travaillent désormais avec nous, et beaucoup d’autres collaborations sont à venir.
Que faudrait-il, selon vous, pour permettre aux entrepreneurs malgaches de mieux se développer dans ce secteur ?

Il faudrait rendre plus accessible le prix des billets d’avion pour l’étranger. Ce secteur demande une certaine ouverture.

Si vous deviez raconter votre aventure entrepreneuriale en une phrase, que diriez-vous ?
Les efforts paient toujours, et on peut toujours mieux faire.

Quel moment, dans votre vie d’entrepreneur, vous a fait vous dire : “J’ai fait le bon choix” ?
Je pense que c’était au moment où ma femme et mes enfants me montraient qu’ils étaient fiers de mon travail.

Quelle place le sport occupe-t-il aujourd’hui dans votre vie ?
Le sport tiendra toujours une grande place dans ma vie, car c’est grâce au basketball que j’ai fait la connaissance de personnes merveilleuses. Cela m’a aussi appris la discipline et le travail d’équipe.

Que représente votre entreprise pour vous, au-delà de l’argent aujourd’hui ?
Mon entreprise représente une partie de moi et de notre identité. Elle me rend fier de pouvoir contribuer au développement du sport.

Propos recueillis par
Fenitra Rarivoson

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