Elections en 2027: le calendrier confronté à l’exigence de réforme

Alors que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se dit techniquement en mesure de tenir l’échéance de juillet 2027, certaines voix appellent à ne pas confondre rapidité et crédibilité. C’est le cas d’Ignace Ramasy Randrianirina qui remet au centre du débat la réforme du système électoral, en particulier l’introduction d’une carte biométrique.

Toutes les craintes ne sont pas dissipées. Une partie de la classe politique estime qu’un retour aux urnes ne devrait pas intervenir avant une réforme plus profonde du système électoral. Ignace Ramasy Randria­nirina, coprésident du parti MFM et leader du groupe Panorama, défend ainsi la mise en place d’une carte biométrique avant l’organisation de nouveaux scrutins.
«La carte biométrique pour les électeurs doit être mise en place avant d’aller aux élections», soutient-il, estimant que cette réforme pourrait contribuer à renforcer la crédibilité du processus électoral et, surtout, favoriser une hausse de la participation. Pour lui, le respect du calendrier ne devrait donc pas devenir une fin en soi. «Il ne faut pas précipiter les élections ni chercher à les forcer», affirme-t-il.
Le débat est donc lancé entre ceux qui privilégient le retour rapide à l’ordre constitutionnel, conformément aux recommandations internationales, et ceux qui veulent profiter de la période de Refondation pour modifier en profondeur les mécanismes électoraux.

Choix délicat
La Ceni avance actuellement dans la préparation technique du prochain cycle électoral à travers la refonte de la liste électorale. Mais pour le leader du MFM, cette démarche devrait être ac­compagnée d’une identification biométrique des électeurs. Il estime que la mise en œuvre d’un tel système nécessiterait environ deux ans. Cette estimation soulève directement la question de la compatibilité avec une première échéance électorale dès juillet 2027.
Pour Ignace Ramasy Ran­drianirina, la question dépasse toutefois les seules conditions techniques pour l’organisation des élections. Il appelle à une véritable volonté politique pour financer et mettre en œuvre les réformes réclamées depuis plusieurs années. « Puisqu’il est question de Refondation, il ne faut pas simplement suivre les recommandations de la communauté internationale. C’est une affaire malgache qui doit être réglée entre Malgaches », insiste-t-il, plaidant pour que les moyens nécessaires soient rapidement consacrés à la réforme électorale.
En tout cas, le débat est déjà lancé et rien n’est figé. En réalité, même le sort de la Ceni reste suspendu aux résolutions des prochaines consultations. Et comme la ministre en charge de la Refondation, Hanitra Raza­fimanantsoa, le rappelle souvent, « Le peuple est souverain et il en décidera à la concertation nationale »…

Tivo Rasam

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