Etablissements publics : l’interdiction des cours payants fait débat

L’utilisation des salles de classe et des terrains scolaires à des fins commerciales, religieuses et politiques, est désormais interdite par le ministère de l’Education nationale (Men). Cette décision, officialisée le 19 octobre 2026, suscite des préoccupations concernant l’accès aux cours particuliers, la pratique sportive et les conditions d’apprentissage des élèves.

Les établissements scolaires publics doivent se conformer immédiatement aux nouvelles restrictions. Dans une note circulaire signée par le secrétaire général du ministère, Ricardo Rasolofonaina, le Men rappelle l’interdiction d’utiliser les salles de classe et les terrains scolaires pour des activités commerciales ou lucratives privées, notamment les cours particuliers payants, ainsi que pour des activités religieuses ou politiques.
Cette décision s’appuie sur l’arrêté n° 863/94 portant réglementation de l’utilisation du domaine scolaire public. Elle vise à préserver le patrimoine public et à garantir le respect des textes en vigueur.

L’accès à l’éducation et au sport en question
Si la protection des infrastructures scolaires constitue un objectif affiché, les conséquences de cette mesure sur les élèves suscitent des interrogations. La fin des cours particuliers organisés dans les établissements concernés pourrait contraindre les enseignants et les élèves à rechercher d’autres locaux. Cette situation risque d’entraîner une augmentation des frais, au détriment des familles les plus modestes.
La pratique de l’éducation physique et sportive (EPS) constitue aussi une autre source de préoccupation. De nombreux établissements privés à Madagascar ne disposent pas de terrains adaptés. L’interdiction pourrait ainsi compliquer l’organisation des séances et limiter les possibilités offertes aux élèves. L’encadrement des jeunes et les résultats scolaires figurent également parmi les soucis exprimés.
Face à ces enjeux, des propositions émergent, notamment le maintien des cours particuliers et des activités sportives dans un cadre réglementé, tout en excluant les activités politiques et religieuses. A Toamasina, l’ouverture des terrains Arena et Stadium de Barikadimy aux établissements privés est également proposée pour faciliter la pratique de l’EPS. L’enjeu est de concilier la préservation du patrimoine scolaire avec les besoins éducatifs des élèves.

Fahranarison

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