Les documents fonciers et topographiques déclarés introuvables, manquants, détériorés ou déchirés, sont les premières sources d’innombrables litiges fonciers et de vols de terres. Le ministre Holder Ramaholimasy va même jusqu’à révéler l’existence de « réseaux mafieux, voleurs de terres ».
Le foncier figure dans le top 5 des secteurs les plus corrompus à Madagascar, à l’instar des collectivités territoriales décentralisées, la justice, la gendarmerie et l’éducation (Bianco 2022). La régularisation des droits de propriétés fait l’objet de nombreuses spéculations, de corruptions, de faux et usages de faux…
Lors d’une descente auprès du service des Domaines et du service de la Topographie hier Anosy, Holder Ramaholimasy, ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers (MATSF), a exhorté le personnel à « revoir leur méthode de travail au bénéfice des usagers ». A cette occasion, il a dénoncé l’existence de « réseaux mafieux, voleurs de terres ».
L’un des cas ayant défrayé la chronique ces derniers jours, est celui de Marguerite Marie Razanandrainibe, dit Bebe Marie, une femme de 97 ans habitant à Ambohipo. Le début du litige remonte en 2019, lorsque les locataires du terrain sur lequel cette femme âgée vit avec ses trois filles, ont réussi à s’en approprier et sont devenus propriétaires.
Ces locataires auraient acheté le terrain au benjamin de Bebe Marie, sans accord avec la fratrie. Bebe Marie et ses autres enfants ont porté l’affaire devant le tribunal, mais ont perdu la bataille « faute de preuve du droit de propriété ».
« Les services fonciers ont évoqué comme motifs des documents fonciers détériorés (Boky rovitra). Nos rivaux se targuent de connaitre des personnes haut-placées qui les soutiennent », a déploré un des fils de Bebe Marie. Le cas de cette famille d’Ambohipo n’est pas isolé.
Des millions de parcelles non sécurisées
Ce cas de Bebe Marie, selon le ministre, « reflète la réalité » dans ce service. Le ministère en charge des services fonciers annonce suivre de près cette affaire et a dépêché une délégation auprès de cette mère de famille, hier.
Madagascar compte plus de 10 millions de parcelles foncières, selon les estimations. « Or, 80 % des parcelles recensées dans l’ensemble du pays, ne possèdent pas de preuves du droit de propriété légale (titre foncier ou certificat foncier). Donc, ni sécurisées ni matriculées », a soulevé Holder Ramaholimasy. Les autorités, à travers le MATSF, ambitionnent d’accélérer les processus de dématérialisation et de digitalisation des Services fonciers. Pour ce faire, le Projet de gouvernance digitale et de gestion de l’identité malagasy (Prodigy), a été lancé en 2019 par le gouvernement malagasy avec la Banque mondiale, ayant comme objectifs d’accroitre d’un accès inclusif à l’identité légale pour tous les citoyens Malagasy.
Arh.




