Madagascar reste un pays à faible revenu selon la nouvelle classification des pays en fonction de leur Revenu national brut (RNB) pour l’exercice 2024 établie par la Banque Mondiale. Le RNB à Madagascar, répertorié dans ce classement est de 510 dollars, un peu moins de la moitié du seuil fixé par l’institution de Bretton Woods qui est à 1.135 dollars. Pour remédier à cette situation, le pays a du pain sur la planche.
Ce classement est actualisé tous les ans, à chaque début du mois de juillet. Le Revenu National Brut se base sur la somme des revenus des résidents sur l’année précédente, donc en 2022. Il est valable pour le second semestre 2023 jusqu’au premier semestre 2024 (1er juillet 2023-30 juin 2024). L’objectif est de rendre compte du niveau de développement d’un pays en utilisant comme référence l’estimation de son RNB par habitant. Ce classement catégorise les économies des pays en 4 catégories à savoir le faible revenu, le revenu intermédiaire de la tranche inférieure, le revenu intermédiaire de la tranche supérieure et le revenu élevé (voir graphe 1).
La Banque mondiale avait estimé à 81,6% le taux de la population malgache vivant en dessous du seuil de pauvreté qui est fixé à 2,15 dollars par jour en 2022. Ainsi, le taux de pauvreté est resté à 75,2 % en 2022, selon la Banque mondiale.
Dans son document concernant son Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 avec Madagascar, la Banque mondiale explique que cette situation est notamment due aux “investissements inégaux dans le capital physique et humain, la baisse de la productivité associée à une stagnation de transformation structurelle dans l’économie et la vulnérabilité aux chocs (…)”. L’institution de Bretton Woods recommande ainsi à la Grande île d’améliorer les résultats en matière de capital humain, la résistance aux chocs et surtout les opportunités d’emploi.
La création d’emplois et l’arrivée des investisseurs étrangers au pays dépendent de nombreux facteurs, à commencer par le contexte électoral qui joue beaucoup cette année et susceptible de mettre en suspens des décisions d’investissements privés. En outre, la période de relance économique post-covid, ainsi que l’environnement géopolitique international qui prévaut font que la reprise des investissements privés d’une manière globale reste mitigée.
Il n’empêche qu’entre-temps, des opérateurs se montrent, eux, confiants et n’hésitent pas à procéder à des réinvestissements, particulièrement dans les secteurs du textile et habillement et de l’agro-industrie.
A Madagascar, les investissements étrangers directs ne représentent que 2,5 % du PIB en 2021 contre 3,7 % en 2019, donc avant la crise sanitaire (voir graphe 2). En 2021, selon le World Investment Report, le montant des flux d’investissement au niveau mondial était de 580 milliards USD. La part des IDE pour Madagascar est de 300 millions de dollars selon la CNUCED. Malgré toute sa potentialité, la Grande île reste peu visible comme destination par rapport aux autres pays du continent africain comme l’Egypte ou le Togo qui sont des destinations phares des investisseurs étrangers. Néanmoins, 1.500 nouvelles entreprises ont été créées à Madagascar en 2022 d’après l’Economic Development Board of Madagascar. Au niveau mondial, un recul des flux d’investissements directs étrangers est observé. Dans le rapport annuel 2022 de la CNUCED.
Les investisseurs restent attentifs à l’évolution du cadre des investissements à Madagascar. Les autorités sont à l’œuvre pour mener des réformes structurelles qui visent à renforcer davantage l’attractivité du pays, comme étant une destination propice aux investissements. En effet, Madagascar est en train de réviser la loi sur les investissements, le code du tourisme ou encore le code maritime qui est en pleine refonte, tandis que le code minier vient de faire peau neuve. Les domaines tels que les infrastructures, les technologies de l’information et de la communication, l’énergie, et l’agribusiness touchent particulièrement les investisseurs.
“La croissance devrait s’afficher à 4,2 % en 2023 et 5,0 % en 2024. Les moteurs de la croissance demeureront les industries extractives et manufacturières, le bâtiment et les travaux publics ainsi que le tourisme. L’inflation devrait atteindre 9,5 % et 8,2 % respectivement en 2023 et 2024. (…) L’inflation devrait atteindre 9,5 % et 8,2 % respectivement en 2023 et 2024” estime pour sa part, le groupe de la Banque Africaine de Développement dans ses perspectives économiques pour Madagascar.
Tiana Ramanoelina




