Se protéger soi-même

Madagascar a déjà connu plusieurs épidémies : peste, choléra, et tout dernièrement le coronavirus. Mais il y a des maladies qui, bien que présentant toujours un danger réel, semblent être oubliées. Tel est le cas du VIH qui, sournoisement, continue à faire son bout de chemin et sévir.
Si depuis 2010, le monde a fait d’énormes progrès dans la lutte contre le VIH, malheureusement, Madagascar n’en fait pas partie. Ainsi, si les nouvelles contaminations au VIH ont reculé de 38% dans le monde entre 2010 et 2022, à Madagascar, les nouvelles contaminations au VIH ont augmenté de manière alarmante. On a enregistré 13.835 nouveaux séropositifs en 6 mois, c’est-à-dire, entre janvier et juin 2023.
Depuis 2010, ces nouvelles contaminations ont enregistré une hausse de 239%. Et toutes les régions sont touchées. Si Antananarivo figure en tête de liste en termes de séropositivité, d’autres villes telles que Bero­roha, Vavatenina, Fene­rive-Est, Toamasina ou Mahajanga feraient également partie des en­droits classés zone rou­ge.
Selon le premier res­ponsable du programme de l’Onusida pour Madagascar, Comores, Maurice et Seychelles, plusieurs facteurs con­tribuent à cette réalité préoccupante. Parmi ceux-ci, on peut citer notamment l’existence d’une véritable lacune en matière de prévention efficace.
Pourtant, dans les années 2002 et 2003, une campagne de grande envergure avait été lancée pour sensibiliser la population au danger mortel du VIH. Pendant cette campagne, tous les supports médiatiques ont été mobilisés. Les résultats obtenus ont été plus que probants.
Mais depuis, cette sensibilisation s’est con­sidérablement réduite. Allez savoir pourquoi ? Pourtant, jusqu’à ce jour, le VIH représente toujours un grand danger dans la mesure où aucun traitement efficace n’a été découvert. Et la fin est toujours fatale pour tous ceux qui en sont affectés.
A priori, la priorité est aujourd’hui accordée à la lutte contre le coronavirus quoiqu’il ne re­présente plus un grand souci pour la population. A vrai dire, rares sont ceux qui prennent encore des mesures préventives pour lutter contre le coronavirus (port de masque, utili­sation systématique de gel, lavage fréquent des mains…).
Quoi qu’il en soit, les difficultés économiques d’un pays, notamment ceux à faible revenu, ont certainement un impact sur cette poussée inquiétante du VIH. Il va de soi que le financement pour la lutte contre le VIH accuse une baisse au niveau national.
Même sur le plan international, on note une diminution sensible de l’aide internationale dédiée à la lutte contre le VIH. Et compte tenu de la conjoncture internationale actuelle, il ne faut pas espérer que cette aide connaîtra une amélioration d’ici peu. Pour toutes ces raisons, la seule solution est de se protéger soi-même.

Aimé Andrianina

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