«Le secteur minier malgache pourrait représenter jusqu’à 14% du PIB à l’horizon 2025», selon les estimations de la Banque africaine de développement (Bad), publiées dans son rapport pays 2023 sur Madagascar. Mais pour que ce potentiel se concrétise, il faut miser sur les grands projets miniers dans le pays.
«La hausse de la demande en minerais stratégiques» constitue le premier facteur pouvant stimuler la croissance du secteur extractif malgache, indique la Bad dans ce document mettant en avant le potentiel considérable dont dispose la Grande île. L’institution financière cite, entre autres, comme ressources à haute valeur ajoutée, les réserves minérales de pierres précieuses et de minerais industriels.
En fait, Madagascar dispose de plusieurs opportunités de croissance. La Bad indique par exemple que les exploitations d’ilménites, de nickel et de cobalt, contribuent à hauteur de 1,5% du PIB, représentant entre 30 et 60% des recettes nationales.
Jusqu’à ce jour, les projets d’extraction de Rio Tinto dans le Sud-est, de Kraoma et d’Ambatovy à l’Est, demeurent les plus importants du pays. Mais, à part le nickel, le cobalt et l’ilménite, plusieurs minerais stratégiques très prisés de l’industrie minière, existent aussi à Madagascar tels que le charbon, le fer, le graphite et le calcaire. La Bad soutient qu’un quatrième projet, celui de l’exploitation de sables minéralisés à Ranobe Toliara, se trouve à un stade de développement avancé.
Selon les estimations du Bad, le secteur minier malgache pourrait représenter «entre 4 et 14% du PIB et dominer les exportations du pays à l’horizon 2025».
Croissance soutenue
Malgré l’exploitation aurifère de manière encore artisanale, la Bad voit en cette filière un «potentiel considérable qui pourrait être valorisé par une gouvernance et une structure fiscale appropriées» jusqu’au point de se hisser au rang des producteurs d’or en Afrique. Certes, la taille encore assez modeste des exploitations dans ce secteur, les orpailleurs représentent des opportunités d’investissement privé importantes. Ces orpailleurs produisent également de petites quantités de pierres précieuses et semi-précieuses telles que le saphir, le rubis et l’émeraude.
Et les données fournies par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) internationale, montrent que le secteur minier contribue à 4,62% au PIB de Madagascar. Pour l’année 2023, la croissance du secteur secondaire devrait atteindre 8,6%. Le secteur extractif (+14,7%) devrait contribuer grandement à cette performance avec une demande mondiale soutenue pour les minerais vers la transition énergétique. Ce, malgré un ralentissement attendu de la croissance économique mondiale.
Dans la perspective présentée dans ce Document de performance qui avait été annexé dans la Loi de finances 2023, le ministère de l’Economie et des finances (Mef) table sur une projection de croissance de 14,6% du secteur extractif en 2024 et de 14,5% en 2025.
Arh.




