Un bandit déjà condamné à 15 ans de prison en 2019 pour une affaire de kidnapping et de meurtre vient de nouveau d’être compromis dans l’enlèvement d’un entrepreneur à Iavoloha. Ainsi, c’est le fait d’avoir repris ses activités criminelles, à savoir le kidnapping, qui l’a amené à sa perte.
Quoi qu’il en soit, ce cas de récidivisme flagrant interpelle aussi bien les responsables de la sécurité publique que ceux de la justice. Comment a-t-il pu vivre en toute liberté depuis 2019, date de sa condamnation ? N’a-t-il pas été écroué immédiatement après que sa condamnation ait été prononcée ?
On croit bien que c’est la procédure d’usage. Du tribunal d’Anosy, le coupable est directement transféré à Tsiafahy ou à Antanimora, selon le cas. On croit bien que pour les actes de kidnapping, la prison de haute surveillance de Tsiafahy est toute désignée. Mais apparemment, il n’y a pas logé.
Autrement dit, il aurait déjà dû croupir dans sa cellule depuis cette date à moins qu’il n’ait pu s’évader entre temps. Ou bien n’était-il pas présent lors de son jugement et donc, qu’il ait fait l’objet d’une condamnation par contumace ? Le moins que l’on puisse dire est qu’aucune mention n’a été faite à ces sujets.
Et depuis tout ce temps, il n’a pas fait l’objet de la moindre interpellation. Soit il bénéficie de complicité puissante et bien organisée capable de le cacher pendant une longue durée, soit on n’a pas vraiment cherché à le trouver. Allez savoir pourquoi ?
On peut encore supposer qu’il ait pu bénéficier de la « largesse » de l’administration pénitentiaire en se faisant enrôler en tant que
« main-d’œuvre pénitentiaire » (MOP). Avec un tel statut, il aurait eu les coudées franches pour préparer son coup avec l’aide de ses complices extérieurs.
De nombreux condamnés bénéficient de ce statut particulier que certains considèrent plus avantageux. Mais certains profitent de cette condition pour s’adonner à des activités répréhensibles par la loi. Et la faveur d’un tel avantage dépend forcément de la gravité du chef d’inculpation.
Il est inconcevable que l’auteur d’un kidnapping avec meurtre puisse bénéficier d’une telle liberté de manoeuvre. A moins que le condamné ne bénéficie de hautes protections ou ait d’importants moyens financiers pour se payer une liberté relative. Tout est possible.
Ce sont des cas similaires de récidive que l’opinion publique n’accepte pas. D’autant plus que le condamné n’a pas effectivement purgé sa peine. C’est ainsi que nait le manque de confiance de la population envers le système de Justice de son pays. Et c’est pourquoi elle est plus en faveur d’une justice expéditive.
Aimé Andrianina




