Une vidéo diffusée récemment par le médecin-colonel Patrick Rakotomamonjy, a suscité une vive polémique. L’officier supérieur a vertement accusé plusieurs hauts responsables du ministère des Forces armées (MFA) et de l’établissement Centre hospitalier de Soavinandriana, ( Cenhosoa) de malversations, entre autres. Face à ces allégations, le secrétaire général du MFA, le vice-amiral Jeannot Bemarivo Assany, accompagné des dirigeants du Cenhosoa, a tenu une conférence de presse hier pour apporter des précisions et démentir point par point ces accusations qu’il qualifie de « propos mensongers ».
Depuis son interpellation le 14 avril au Toby Ratsimandrava, le colonel Rakotomamonjy n’a pas repris son poste, ce qui constitue, selon le SG, une absence prolongée assimilable à une désertion et qui entraînera des sanctions disciplinaires. Le vice-amiral Assany a notamment réfuté les dires de l’ancien directeur technique adjoint du Cenhosoa, selon lesquels ils sont issus de la même promotion. « Cela démontre n’est pas cohérent avec lui-même », a affirmé le SG. Concernant l’accusation de détournement de 400 millions d’ariary, le SG a expliqué que cette somme n’a jamais été mentionnée lors de la passation avec l’ancien secrétaire général. Il a précisé que cette cotisation pour la retraite militaire est directement déduite du salaire des employés et versée au Trésor public par l’agent comptable, contrairement à ce que le colonel a affirmé dans sa vidéo. Les difficultés financières rencontrées durant la période 2021-2022, notamment à cause de la pandémie de Covid-19, ont été progressivement résolues et la situation tend à revenir à la normale. Le budget et la gestion de Cenhosoa sont autonomes et encadrés par un Conseil d’administration qui se réunit régulièrement. Depuis mai-juin 2023, la gestion financière s’est améliorée grâce à la politique du nouveau directeur général, notamment avec l’implantation d’un nouveau logiciel et l’arrivée d’un scanner. Le secrétaire général a également démenti l’existence d’un quelconque accord financier entre Cenhosoa et la société Salama, précisant que l’hôpital achète ses médicaments comme tout autre centre hospitalier. Par ailleurs, il a réfuté les allégations de favoritisme envers l’attachée de presse du ministère en indiquant que cette journaliste bénéficie de mesures de sécurité adaptées à son lieu de résidence en périphérie de la capitale.
Enfin, le vice-amiral a démenti toute évacuation sanitaire systématique de Cenhosoa vers la Polyclinique Ilafy, précisant que la seule évacuation récente concernait un ressortissant étranger nécessitant une coronarographie, une opération exclusive à cette clinique. La Polyclinique Ilafy, de son côté, a publié un communiqué pour démentir formellement l’existence d’une convention avec l’hôpital militaire et rejeter l’affirmation selon laquelle un patient doit obligatoirement y séjourner 48 heures. Elle se réserve le droit d’engager des poursuites contre toute personne diffusant des informations mensongères à son égard. Des plaintes seront prochainement déposées contre le colonel Rakotomamonjy, afin de faire la lumière sur cette affaire et protéger l’intégrité des institutions militaires.
Rakoto




