La Jirama l’a confirmé : « le délestage est inévitable cette année ». Invité sur le plateau de la chaîne de télévision nationale, hier, Manda Ny Aina Nomena, directeur général adjoint chargé de la production électrique, a fait part d’une hausse annuelle de 5 % de la demande, portée par la croissance démographique. A cela s’ajoute une période d’étiage anormalement précoce. Le manque de pluviométrie affecte sévèrement les centrales hydroélectriques, notamment celle d’Andekaleka, cœur du réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA).
Par conséquent, des coupures de courant prolongées, parfois plusieurs fois par jour, s’abattent sur la capitale depuis plus de deux semaines. Chaque quartier subit en moyenne trois à quatre heures de délestage, et ce jusqu’à quatre fois par jour. Les pénuries d’électricité sont parfois couplées à des coupures d’eau, aggravant encore la situation des ménages.
La colère gronde dans les rues. A la nuit tombée, plusieurs quartiers se mobilisent. Pneus brûlés, manifestations improvisées : les habitants expriment leur ras-le-bol. Ils dénoncent une situation devenue invivable. Les plaintes affluent.
Le tissu économique souffre aussi. Artisans, commerçants, restaurateurs, tous voient leur activité perturbée. Les pertes s’accumulent. Certaines petites entreprises, comme des cybercafés, envisagent de cesser définitivement leurs activités.
La Jirama appelle à la compréhension et promet des solutions progressives. L’installation de nouvelles centrales solaires est en cours, notamment pour renforcer le RIA. Mais pour l’heure, l’espoir reste mince alors que l’hiver ne fait que commencer, période où l’eau se raréfie davantage.
Arh.




