Aux risques et périls des usagers

Pour le moment, il n’y a pas encore de déclaration vraiment officielle sur la véritable cause du drame qui s’est déroulé à Ambo­himalaza pendant la célébration d’un anniversaire et qui a coûté la vie à une vingtaine de personnes (du moins à l’heure où nous écrivons).
Intoxication alimentaire ou bien empoisonnement délibéré ? Donc, on ne sait pas encore
s’il s’agit d’un acte criminel et ou de la négligence professionnelle à plusieurs niveaux. Tou­jours est-il que la seule chose dont on peut être certain est que le secteur de la restauration est frappé de plein fouet par cet évènement.
En effet, beaucoup de restaurants ont été affectés directement par ce funeste évènement. On croit savoir que certains ont enregistré une diminution sensible de la clientèle comparée à la fréquence habituelle. Sans aucun doute, on peut dire que cela a trait
à ce qui s’est passé à Ambohimalaza.
Qu’on le veuille ou non, les gens réagissent facilement face à ce type de tragédie car, en fait, les évènements ont créé un type de traumatisme au niveau de la population. Le manque de confiance s’installe facilement sans distinction aucune du type d’établissement.
Et comme par hasard, les cas d’intoxications
alimentaires qui ont été constatés pendant la mê­me période à Maha­janga et Toamasina et tout dernièrement à An­tsiranana, ne sont pas de nature à rassurer la population. Cela prendra du temps avant que la population revienne à ses habitudes.
Cela dépendra surtout des efforts que les restaurateurs produiront pour regagner la confiance des clients. Il existe plusieurs moyens pour ce faire. Et ce n’est pas à des professionnels qu’on va apprendre les ficelles du métier. Le moins qu’on espère
est que cette confiance revienne le plus vite possible.
De toutes les façons, la restauration de haut de gamme a été plus ou moins préservée dans la mesure où chaque établissement dispose d’un groupe électrogène autonome de secours qui permet de maintenir tout le système de froid en activité sans la moindre interruption en cas de délestage de la Jirama.
Mais quoi qu’il en soit, quelles que soient les conséquences de l’enquête en cours, un métier en particulier va en pâtir. C’est celui du service-traiteur. Or, c’est un métier qui marche bien et qui fournit du travail à de nombreuses personnes. Les commanditaires se­ront de plus en plus regardants vis-à-vis de ces services traiteurs.
Faut-il rappeler que la restauration joue un rôle de premier plan dans
l’économie nationale et en particulier dans le secteur du tourisme. Cela s’apprécie à travers con­sommation des produits locaux, faire valoir des produits locaux et du savoir-faire local en ma­tière de gastronomie, …
Normalement, c’est le street food qui va être le plus pénalisé compte tenu des conditions dans lesquelles les services sont réalisés. Seulement, il y a toujours des incon­ditionnels de ce type de restauration. Et on remarquera qu’il gagne de plus en plus de place.
Pour certains, c’est une obligation pour di­verses raisons (budget alloué au repas quotidien limité, impossibilité de déjeuner à la maison compte tenu de l’éloignement du lieu de travail… ou simplement par simple goût). Mais quoi qu’il en soit, cela se fera toujours aux risques et périls des usagers.

Aimé Andrianina

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