Les dégâts causés par la dégradation des mangroves sont visibles et préoccupants à Madagascar. Pêche et agriculture en souffrent, menaçant les moyens de subsistance de milliers de familles. Face à cette urgence écologique, un élan collectif commence à émerger. Citoyens, chefs traditionnels et autorités locales s’engagent désormais activement dans la restauration de ces écosystèmes vitaux.
Le Prince Tsiaraso IV, chef traditionnel Sakalava du Sambirano, rappelle les pratiques ancestrales qui protégeaient jadis les ressources naturelles. « Avant l’indépendance, les fady interdisaient certaines coupes. Les traditions encadraient notre rapport à la nature », explique-t-il. Mais ces règles ont été peu à peu oubliées, laissant place à une exploitation massive et incontrôlée, notamment dans les régions Sofia et Diana.
C’est dans ce contexte que l’entreprise Bôndy, via son projet « Ma Honko », intervient. Elle sensibilise les communautés locales et plante massivement des palétuviers. A Antranokarany, commune rurale du district d’Ambanja, chefs coutumiers et élus s’unissent pour préserver les mangroves. « Nous nous impliquons pour éviter que ces replantations servent à nouveau à produire du charbon », insiste le Prince Tsiaraso IV.
Mobilisation effective
La maire Ravaoharimanda Fanja Emilienne soutient cette mobilisation. « Agriculture et pêche sont nos piliers. Mais certains, attirés par les gains rapides, ont détruit les mangroves. La mer envahit désormais les rizières. C’est une vraie alerte », déplore-t-elle. Depuis 2023, sa commune pilote travaille avec Bôndy dans plusieurs fokontany, formant des équipes locales pour surveiller les jeunes plants.
A Antsohihy, les pêcheurs ressentent aussi les effets du recul des mangroves. « Nous devons aller toujours plus loin pour trouver crabes et poissons », raconte Dadao, pêcheur d’Ambalakida. Il a rejoint les actions de Bôndy pour replanter et protéger les zones restaurées. « C’est notre responsabilité d’éduquer les jeunes et de montrer l’exemple », ajoute-t-il.
Claudette Zafitena, ancienne femme de ménage devenue pépiniériste, est aujourd’hui un visage de ce changement. « Ma mère faisait du charbon, elle a arrêté. Comme beaucoup d’autres », témoigne-t-elle. Aujourd’hui, elle milite activement pour la préservation de ces forêts côtières. « On voit le changement. Les jeunes s’impliquent de plus en plus », affirme-t-elle. Pour dire que le réveil écologique semble amorcé.
Arh.




