Il faut du temps…

Cette année, la célébration de la fête nationale du 26 juin s’est déroulée différemment des années passées. D’habitude, pour la quasi majorité des Mal­gaches, cette célébration est synonyme de ri­pailles. En famille ou avec quelques amis, pendant toute la journée, on mange et on boit à volonté.
C’est l’une des rares fêtes au cours de laquelle il n’y a aucune distinction d’origine, de religion ni même d’appartenance politique. Ce qui est tout à fait normal dans la mesure où c’est toute la nation malgache sans exception qui est concernée par cette fête au contraire des régimes qui ne font que passer.
Mais cette année, tout est différent. Pour une fois, les évènements de ces dernières semaines ont fortement changé les habitudes des Malgaches. Les nombreux décès qui ont été constatés un peu partout dans le pays suite à des intoxications alimentaires ont fortement marqué les esprits et changé leurs habitudes de consommation.
Pour cette raison, chaque famille, chaque foyer, a fait très attention en ce qui concerne de tout ce qui se mange lors de cette célébration. Deux types de produits alimentaires ont été principalement mis en cause, à savoir l’huile alimentaire et une certaine catégorie de charcuterie.
Mais compte tenu de la psychose qui en a découlé, les familles se sont aussi volontairement abstenus de consommer beaucoup d’autres produits alimentaires qui, pourtant, étaient habituellement très demandés à cette occasion. Le mot d’ordre était : Mieux vaut prévenir que guérir.
En d’autres termes, pendant cette célébration, la consommation des ménages malgaches s’est essentiellement limitée sur des aliments qui ont été préparés par eux-mêmes. On peut dire que cette réaction collective résulte, un tant soit peu, de l’insuffisance de communication officielle.
Cette réaction qui a été plus ou moins généralisée a eu évidemment des conséquences néfastes sur quelques activités commerciales. Ainsi, les affaires n’ont pas bien marché pour le commerce de produits alimentaires. Et même, cela s’est répercuté au niveau des différents marchés.
Il faut reconnaître que les principales victimes ont été les marchands d’aliments et de mets cuits telles que les gargotes. Pourtant, c’est l’une des rares occasions pendant lesquelles ils réalisent leurs meilleurs chiffres d’affaires. Ils devront en faire leur deuil et attendre d’autres occasions.
Qu’on le veuille ou non, les familles malgaches ont été traumatisées par ces successions d’empoisonnement par intoxication alimentaire. Et tel qu’on connait les Malga­ches, cette méfiance du­rera encore un certain temps. Il faudra du temps pour qu’on revienne à la normale.

Aimé Andrianina

Partager sur: