Que faire ?

Après les fêtes, il faut revenir sur terre. C’est le moins qu’on puisse dire, notamment en ce qui concerne l’exécutif. En effet, dans les semaines à venir, il aura fort
à faire face à de nom­breux sujets plus ou moins brûlants auxquels il faudra bien trouver des solutions ou tout au moins, donner des réponses.
Tout d’abord, l’affaire de suspicion d’empoisonnement à Am­bohimalaza n’est pas encore totalement élucidée quoique des arrestations aient déjà eu lieu. Et les nombreux cas d’intoxication alimentaire dans de nombreuses régions autres qu’Antananarivo ne sont pas de nature à faciliter les choses.
Quoi qu’il en soit, l’o­pinion publique attend impatiemment les ré­ponses des analyses qui ont été faites à l’extérieur. Mais ces résultats permettront-ils de dé­terminer sans le moindre doute qu’il s’agit bien d’un empoisonnement délibéré et non d’une intoxication alimentaire « accidentelle » ? Wait and see !
En attendant, sur un tout autre plan et non des moindres, la délégation malgache qui doit entamer les négociations avec la France sur l’avenir des îles Eparses est partie. Cette mission aura la lourde responsabilité d’engager des discussions avec l’autre partie qui a déjà plus ou moins une idée sur la question.
En effet, lors de sa visite officielle à Ma­dagascar, le président français avait déjà avancé l’idée d’une cogestion. Or, ils sont nombreux les Malgaches qui ne partagent pas cette idée. Pour eux, il ne peut être question que d’une restitution pure et simple des îles Eparses à Madagascar. Attendons pour voir !
Autre sujet d’actualité chaud : Le gouvernement a confirmé une vague de décès dus au paludisme dans le district d’Ikongo. Mais une question se pose : S’agit-il d’une simple coïncidence si le ministère français de la Santé a affirmé que des voyageurs en provenance de Madagascar ont montré des signes d’infection au chikungunya ?
Et s’il ne s’agissait pas tout simplement de palu­disme mais de chikungunya ? Le cas échéant, il faudra appliquer des mesures sanitaires plus appropriées. Il ne faut pas oublier qu’il y a déjà quelques années, des cas de chikungunya ont été dépistés à Toamasina. Et si l’histoire se répétait ?
Enfin, sur le plan économique, la taxation des intérêts bancaires à la TVA à hauteur de 20% risque de faire des va­gues. Certes, on sait bien que l’Etat a besoin d’argent pour bien fonctionner. Et pour cela, il le prend partout où c’est possible. Toutefois, on peut dire que la conjoncture ne s’y prête guère.
En cette période difficile, une telle initiative pénalise tous les emprun­teurs au niveau du système financier formel, c’est-à-dire, aussi bien les particuliers que les entreprises. Ces derniers ne manqueront certainement pas de réagir. Cela montre que l’exécutif est engagé sur tous les fronts. Que faire ?

Aimé Andrianina

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