La rançon de l’insécurité

C’est la période des grandes vacances. D’ha­bitude, on profite de cette période pour aller à la découverte de nouveaux espaces, de nouveaux paysages, de nouvelles têtes… . Mais cette année, les choses se passent différemment avec les enlèvements et disparitions qui ont lieu actuellement.
Pour le moment, on ne sait pas encore officiellement les raisons exactes de ces enlèvements et disparitions dans la mesure où aucune déclaration officielle dans ce sens n’a pas en­core été faite. Acte de déstabilisation ou sac­rifices rituels ? Tout le mon­de se pose la question.
Quoi qu’il en soit, ces évènements ne se dé­rou­lent pas seulement dans la Capitale et ses environs. D’autres régions sont également concernées par ces cas d’enlèvements et de disparitions. Et par mesure de précaution, il va sans dire que les déplacements des vacanciers vont être limités.
Autrement dit, les vacances vont complètement changer. En effet, on va se contenter de se déplacer dans les en­droits que l’on connait bien. Bien rares seront ceux qui oseront s’aventurer dans l’inconnu. D’ailleurs, il n’est pas recommandé de se dép­lacer dans un endroit où on n’a pas de connaissances.
Vue la méfiance des habitants du monde rural à l’égard de tout étranger, il est déconseillé de s’aventurer dans un endroit où on ne vous connait pas, à moins d’avoir tout au moins un guide local. Même avant ces tristes et récents évènements, cette méfiance était déjà bien connue.
Depuis toujours, les villageois voient dans chaque étranger de passage un kidnappeur po­tentiel. Il est déjà arrivé plusieurs fois que des touristes de passage ou des personnes en mission aient été pris à partie par tout un village car on les a confondus à des prédateurs.
Le véritable danger réside dans le fait que dans le monde rural, la justice est plutôt expéditive. Et bien des personnes en ont malheureusement fait les frais. Et quand on s’est aperçu de l’erreur commise, il était déjà trop tard. De nom­breux innocents furent victimes de cette confusion.
Ainsi, on n’a pas seulement à craindre les prédateurs. Il faut également se méfier des réactions des villageois pour qui, tout étranger représente un prédateur po­tentiel. La méfiance est ainsi réciproque. Il faudra du temps pour que cette méfiance s’estompe.
Bien sûr, cette situation a des répercussions possibles sur l’économie du pays et en particulier sur le tourisme local. Et bien de villages souffriront de la situation. Les touristes s’arrêteront de moins en moins dans ces villages pour faire quel­ques achats. C’est la rançon de l’insécurité.

Ranaivo Lala Honoré

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