Le bras de fer s’intensifie entre les salariés de la Jirama et les autorités. Le collectif national des employés, connu sous le nom de « Tambaben’ny Mpiasa Jirama » (Tambabe), rejette fermement le projet de réforme du statut de la compagnie d’eau et d’électricité.
Depuis hier, les syndicats et associations d’employés, soutenus par des organisations de défense des consommateurs et la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM), montent au créneau. Ils dénoncent la volonté de transformer la Jirama en société anonyme à vocation commerciale, une orientation jugée incompatible avec la mission de service public.
Le collectif exige que la Jirama conserve son statut d’établissement public. Pour Anmora Ratovomanarivo, porte-parole du Tambabe, «cette réforme risque d’aggraver la situation financière et sociale de l’entreprise».
Lors de la réunion dans les bureaux de la Jirama à Ambohidahy Antananarivo, hier, il a interpellé directement le président de la République, Andry Rajoelina, et demande «l’ouverture immédiate d’un dialogue sans intermédiaire». Selon lui, seule une concertation franche permettra de redresser la Jirama en difficulté et de garantir l’accès des citoyens à l’électricité et à l’eau.
Menace de grève
Face à la détermination des autorités, le collectif brandit la menace d’une grève générale. Cette mobilisation pourrait paralyser l’ensemble des agences de la Jirama si le gouvernement refuse d’engager des discussions. Les salariés se disent prêts à poursuivre leurs efforts pour améliorer le service public, mais ils réclament un cadre clair qui protège les intérêts des usagers et des travailleurs.
En parallèle, la population subit toujours des coupures fréquentes. La Jirama explique que le niveau d’eau du barrage d’Andekaleka, principale source d’approvisionnement électrique de la capitale, est dangereusement bas, à l’origine du délestage tournant à Antananarivo et dans plusieurs régions. La situation reste tendue. Le risque d’un mouvement social de grande ampleur plane, sur fond de crise énergétique persistante et d’incertitude sur l’avenir de la compagnie.
Arh.




