Le collectif des syndicats des employés de la société nationale d’eau et d’électricité est entré en grève générale depuis hier pour contester le nouveau statut de la compagnie. Au cours d’une rencontre avec la presse, le collectif a fait savoir que le changement prôné par la direction constitue une menace pour la mission de service public de la Jirama. Les syndicalistes ont avancé que ce nouveau plan de redressement engendrerait une hausse exorbitante de la facture et pourrait entraîner une rupture simultanée d’un grand nombre de contrats de travail au sein de la société. Ils ont également fait savoir que le changement de statut allait ouvrir une brèche pour une possible privatisation.
A y regarder de près, les revendications du collectif s’avèrent moins raisonnables qu’elles en avaient l’air. Lors de leur grève d’hier, les grévistes ont brandi une banderole pour faire part de leur contestation au fait que les employés doivent payer leurs factures d’eau et d’électricité, comme tout autre client. Ce qui laisse entendre que la décision d’entrer en grève est motivée par le désir de maximiser son propre avantage, dictée par l’intérêt personnel. Et c’est là que le bât blesse.
Pour arriver à leurs fins, les grévistes n’ont pas hésité à parler au nom de l’intérêt général et au nom du peuple. Ils semblent oublier que l’intérêt particulier se rapporte aux besoins et désirs individuels, tandis que l’intérêt général concerne ce qui est bénéfique pour l’ensemble de la collectivité. En observant une grève, est-ce qu’ils veulent vraiment défendre le bien-être collectif ? Où étaient-ils quand la population exprimait son mécontentement face aux coupures d’électricité et à la pénurie d’eau ?
Par ailleurs, ils ne sont pas sans savoir que les grèves syndicales ont des règles et des procédures établies (préavis, information de l’employeur, etc.). Ce qui n’est pas le cas. Ils ont fait leur grève pour soutenir une cause politique. A preuve, un ancien président de la République en mal de popularité a soudainement réapparu pour défendre la cause des grévistes dans un communiqué. Les observateurs avertis affirmeront qu’il s’agit ni plus ni moins que d’une grève politique. Pour être plus crédibles, les grévistes doivent revoir leur copie et rectifier leur tir. Car en ce moment, ils prennent des vessies pour des lanternes.
Rakoto




