L’enjeu de la communication gouvernementale

Dans un contexte où les événements sensibles se multiplient sur la Grande île, il est devenu presque systématique que la parole officielle revienne au président Andry Rajoelina pour éclaircir des dossiers délicats. Une question s’impose, à quoi servent réellement les services de communication des différents ministères, souvent réticents ou lents à informer le public voire même les responsables? L’affaire récente d’Ambohimalaza, marquée par un drame où 31 personnes ont perdu la vie lors d’une célébration, en est parfaitement un exemple de cette tendance. Une polémique autour d’une suspicion d’empoisonnement a enflé sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, très actif dans le pays. Là où une communication claire aurait pu apaiser les esprits, ce vide a été comblé par des rumeurs et des informations non vérifiées.
L’opposition politique a exploité cette situation pour critiquer vertement l’Etat et son incapacité à gérer la véracité sur cette situation. Face à ce silence ou ces communications insuffisantes, le président Rajoelina, qui avait déjà évoqué ce dossier quelques semaines plus tôt, a été contraint de reprendre la main. Il a annoncé qu’il s’exprimera demain soir lors d’une émission spéciale sur la chaîne nationale pour tenter ainsi de restaurer un climat d’apaisement et de confiance au sein de la population. Dans d’autres dossiers sensibles, comme la crise avec les personnels de la Jirama, là encore, le chef de l’Etat semble être la dernière ligne de défense gouvernementale, souvent après que les situations aient déjà dégénéré. Cela montre la faille et la faiblesse importante dans la gestion de la communication publique à Madagascar. Dans un monde où les réseaux sociaux influencent massivement l’opinion, toute carence d’information officielle crée un terrain propice aux rumeurs, aux conspirations et aux divisions. Les conséquences ne sont pas anodines, surtout une perte de confiance dans les institutions. Les autorités doivent repenser en profondeur leur approche de la communication en temps réel, afin d’informer régulièrement les citoyens, éviter les malentendus. Une communication proactive et transparente pourrait non seulement renforcer la crédibilité de l’Etat, mais aussi préserver la cohésion sociale d’une nation.

F.M

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