Ça va se savoir !

L’opinion publique n’est pas dupe, qu’il y a anguille sous roche dans cette affaire d’Ambohimalaza, riche en rebondissements, donnant libre court aux allégations et spéculations douteuses, ainsi qu’à toutes sortes d’inventions. A tel point que les crédules préférant le sensationnel à l’information, ont tendance à croire tout ce qu’on raconte sur les réseaux sociaux.
Et pour cause, depuis le début du drame, la manière cachotière dont le ministère concerné a géré cette « crise », a fait jaser plus d’un. A commencer par les conditions dans lesquelles, les victimes ont été prises en charge à l’hôpital, puis il y a eu cette annonce vague de résultats d’analyse toxicologique, qui a fait couler beaucoup d’encre, après plusieurs jours d’attente.
Et la chronique a de nouveau défrayé, suite aux réponses controversées dans une interview, de la directrice de la Veille sanitaire, de la Surveillance épidémiologique et de la Riposte (DVSSR) au sein du ministère de la Santé, sur la nature de la substance toxique. Cela n’a pas arrangé les choses qui ne font qu’empirer et s’envenimer. Finalement, ses propos polémiques, « je ne veux pas savoir », lui ont coûté son poste.
Pointé du doigt et accusé de cacher des choses, le ministère de tutelle est sous le feu des critiques. Ce dernier est réticent à jouer la carte de la transparence. Et du coup, le régime en place est même mis à l’index. Entre-temps, d’autres responsables ont beau essayer d’apporter des précisions et apaiser la tension, mais l’opinion publique ne sait plus à quel saint se vouer. Même le président de la République, intrigué dans cette affaire, a décidé de convoquer les ministères concernés, pour rendre des comptes.
Dans le flou le plus total également, les familles des victimes veulent des réponses. Et leur plainte collective déposée à l’encontre de Fenohasina, l’organisatrice de cette fête d’anniversaire mortelle, ainsi que sa famille, a fait bouger les choses. Maintenant, l’affaire a pris une autre tournure car la liste des suspects s’allonge et les enquêtes battent leur plein. Et à cette allure, la vérité finit toujours par se savoir, dit-on.

Andry Rabeson

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