Appui à l’éducation : le projet « Talim » prend le relais

La Banque mondiale, en collaboration avec le Partenariat mondial pour l’éducation, annonce le lancement d’un projet révolutionnaire pour l’éducation à Madagascar. Coûtant au total 185 millions de dollars, le programme Transformation de l’accès et de l’apprentissage à Madagascar (Talim) a pour objectif d’améliorer significativement l’accès et la qualité de l’enseignement pour plus de 4,7 millions d’élèves et 135.000 enseignants à travers le pays.

Ce projet, financé principalement par l’Asso­ciation internationale de développement (IDA) à hauteur de 150 millions de dollars et par le Partenariat mondial pour l’éducation à hauteur de 35 millions de dollars, s’inscrit dans le cadre de l’initiative régionale «AIM4Learning». Celle-ci vise à promouvoir l’innovation éducative en Afrique orientale et australe, en réponse à une crise éducative persistante.
Les données de la Ban­que mondiale révèlent des situations alarmantes dans le système éducatif malgache : moins de deux élèves sur trois parviennent à terminer le cycle primaire, et 95 % d’entre eux ne maîtrisent pas la lecture en fin de scolarité. Le taux de redoublement atteint 25,3 %, un chiffre qui est deux fois supérieur à la moyenne régionale en Afri­que subsaharienne. En outre, le corps enseignant est lar­gement constitué d’enseignants communautaires, souvent non formés, représentant 63 % du personnel, ce qui pose un défi majeur pour la qualité de l’enseignement.

Trois priorités
Le projet Talim, qui prend le relais du Pro­gramme d’appui à l’éducation de base (Paeb), se con­centre sur trois axes essentiels, dont l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Ceci prévoit des réformes du métier d’enseignant et des programmes de formation adaptés avec l’intégration de 26.000 enseignants qualifiés en contrat. A cela s’ajoute la rénovation des infrastructures scolaires.
Pour compléter cette initiative, des manuels scolaires en malgache et en français seront distribués. Le projet prévoit également le renforcement de la gouvernance éducative.
Atou Seck, le représentant de la Banque mondiale à Madagascar, souligne que ce projet est «une réponse ambitieuse à la crise de l’apprentissage» qui sévit dans le pays. Il insiste sur le fait que «chaque enfant mérite un bon départ dans la vie, et cela commence par une éducation de qualité».

Fahranarison

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