Empoisonnement à Ambohimalaza: les noms des substances toxiques, rendus publics

Les résultats d’analyse toxicologique permettant de confirmer un empoisonnement criminel dans l’affaire Ambohimalaza ainsi que les résultats d’enquête, doivent être rendus publics, a déclaré le président de la République hier soir sur le plateau de la TVM, en convoquant le ministre de la Sécurité publique, le ministre chargé de la Gendarmerie nationale, le ministre de la Santé publique et la procureure générale.

Le fait de ne pas divulguer les noms des poisons utilisés comme armes criminelles dans cette affaire d’Ambohi­malaza, a suscité des vives réactions de l’opinion publique, alors que les responsables ont écarté la thèse du botulisme tout en privilégiant la piste de l’empoisonnement. Et au fur et à mesure que cette affaire prend de l’ampleur, la pression est telle que le président de la République a dû intervenir pour que les responsables concernés doivent rendre des comptes publiquement. Le secret de l’instruction ne doit pas être le secret de polichinelle.

«La police a refusé de donner les noms ou la nature des substances toxiques détectés à l’issue de l’analyse effectuée, à Strasbourg, mais le peuple a le droit de connaître la vérité», a déclaré le locataire d’Iavo­loha.

Ainsi, les substances mortelles utilisées ont été extraites de deux plantes vénéneuses, à savoir le «datura» et la «belladone». «Je ne saurais tolérer un tel acte criminel, tous les suspects seront trainés devant la justice», a ajouté Rajoelina.

Etat d’avancement de l’enquête

Depuis la date du 14 juin jusqu’à aujourd’hui, 32 décès ont été recensés. Selon le ministre de la Sé­curité publique, dès qu’un décès a été notifié, une enquête a immédiatement été ouverte. Le 20 juin, huit personnes ont été auditionnées, trois ont été incarcérées et cinq sont en liberté provisoire. Les in­vestiga­tions se poursuivent et les patients déjà guéris et leurs familles, ont été également auditionnés.

«L’hôte de la fête a fait l’objet d’une enquête, mais son état de santé ne lui permet pas d’assister aux auditions», a fait savoir la procureure de la République, Narindra Navalona Rakotoniaina. L’enquête se déroulera de manière progressive.

Passer aux aveux

Selon toujours la procureure de la République, «les trois personnes incarcérées, ont avoué leur crime. Ils ont utilisé des poisons pour assouvir leur vengeance familiale. Les échanges de SMS sont des preuves pénales». «La peine de mort attend les auteurs dans cette affaire et ils doivent faire l’objet d’une enquête approfondie qui ne doit pas être bâclée», a indiqué la procureure.

Le président de la Ré­publique Andry Rajoelina a fait savoir que la jalousie sur fond de vengeance a été le mobile du meurtre. Et cette dissension fa­miliale date depuis 2016. « Le traiteur qui n’est autre que la cousine de l’hôte de la fête et son enfant qui avaient assisté à la fête, ne sont pas morts, elle a fait même un aveu lors des funérailles », rapporte le chef de l’Etat. Les poisons utilisés ont été retrouvés chez elle.

Rajoelina dénonce

Ce rapport public a également été une occasion, pour Andry Rajoelina de dénoncer la récupération politique de ce drame d’Ambohimalaza. «Nous ne tolérerons pas les fauteurs de troubles et les propagateurs de fausses nouvelles», s’insurge Andry Rajoelina.
«Nous avons besoin de sécurité et de stabilité. Il est inacceptable de faire un sujet politique cette tragédie, alors que les familles des victimes sont en deuil», a indiqué le président Andry Rajoelina.

«Le 15 juillet, le transformateur d’Antsirabe a pris feu. Une semaine plus tard, le marché d’Antsirabe a pris feu. Quel est l’objectif ?», s’interroge le Locataire d’Iavo­loha.
«Nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil le leadershipdiplomatique mené par Madagascar vu que le sommet de la Sadc approche à grand pas. Le gouvernement va prendre des mesures strictes si tel est le cas», a conclu Andry Rajoelina.

N.A

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