Les épreuves écrites du baccalauréat 2025 pour l’enseignement général sont terminées. Malgré quelques rumeurs, pour une fois, le baccalauréat de cette année a été exempt de fuite de sujet. C’est
une bonne chose car chaque année, c’est un mal qui gangrène le monde de l’enseignement à Madagascar. Et il en va de la crédibilité du baccalauréat dans
le pays.
Ainsi, les mesures exceptionnelles prises et mises en place cette année par les organisateurs du baccalauréat ont porté leurs fruits. On peut déjà les féliciter pour ce résultat. Cependant, on ne peut pas être totalement satisfait dans la mesure où d’autres maux minent encore cet examen qui clôture les études de l’enseignement secondaire.
Tout d’abord, la surveillance dans les salles d’examen n’a pas donné entière satisfaction. En effet, certains surveillants n’ont pas joué pleinement leur rôle et ont exécuté leurs services avec laxisme. Pire encore, il semble que des surveillants se sont montrés très complaisants avec les candidats et les ont laissé faire tout ce qu’ils voulaient.
Il va sans dire que de tels comportements ne sont pas dignes du corps enseignant car on ne peut pas permettre que les candidats puissent communiquer entre eux pendant l’examen. Même lors d’ un simple examen de classe, toute communication entre élèves est pleinement réprimandée par l’enseignant. Or, il s’agit d’un examen de portée nationale.
Les fraudes ainsi que les tentatives de fraude qui ont été découvertes portent encore préjudice au baccalauréat malgache. Et on a découvert
de nombreuses fraudes. Parmi celles-ci figuraient les fraudes classiques tels que les bouts de papier remplis de notes, les annotations écrites sur la paume de la main ou d’autres parties du corps humain.
Par contre, certains candidats ont réussi à introduire des téléphones portables dans la salle d’examen. Même les techniques de fraude portent les signes des nouvelles technologies dans les examens officiels. Il faut se dire que les fouilles effectuées avant que les candidats n’entrent dans la salle n’ont pas été faites convenablement. C’est une lacune à revoir lors des prochains examens.
Mais le pire des fraudes porte sur la substitution de candidat. Plus clairement, c’est une personne autre que le véritable candidat qui se présente à l’examen. Il est certain que cette personne est plus apte pour passer le baccalauréat que le candidat pour qu’on l’ait choisi. Autrement, on ne se serait pas donné la peine de faire cette substitution.
Toujours est-il que cet « arrangement » requiert de nombreuses complicités. Rien que pour la carte d’étudiant ou la carte d’identité qui doit être présentée à l’entrée, cela nécessite une complicité de l’autorité compétente qui délivre cette carte. Autrement dit, on a eu recours à des faux
et usage de faux documents. C’est un délit pénal.
Aimé Andrianina




