Interruption médicale de la grossesse: « Nifin’Akanga » relance le projet de loi

Déposé auprès de l’Assemblée nationale (AN) depuis le mois d’octobre 2021, le projet de loi sur l’Interruption médicale de la grossesse (IMG), n’est pas toujours au menu de la Chambre basse jusqu’ici pour être débattu.

En effet, la loi n°2017 – 043, fixant les règles générales de la santé de la reproduction et de la planification familiale dans son Article 28 précise que « toute personne physique qui aura pratiqué l’interruption de la grossesse pour motif médical au mépris des conditions prévues par la loi sera punie par les peines prévues par le Code pénal article 317 ». Cette pratique reste toujours ainsi illégale si on se réfère à ces textes. « Or, si je ne prends que l’exemple d’une grossesse extra-utérine, la vie de la mère est en jeu sans une IMG immédiate. Et une femme a le droit fondamental de ne pas mourir en cas de néces­sité médicale », a cependant souligné hier, Mbolatiana Raveloarimisa, la cofonda­trice du mouvement fémi­nine « Nifin’Akanga » qui lutte exclusivement contre toutes formes de violences faites aux femmes ainsi que pour leurs droits. Mettant en exergue la nécessité de plaidoyer sur ce projet de loi axé sur l’IMG.

Réunion interdisciplinaire

Face à ce contexte et dans le cadre du projet Rakemba, « Nifin’Akanga » a organisé à l’hôtel Le Louvre Antanina­renina une réunion interdisciplinaire de plaidoyer, axée sur le projet de loi sur l’IMG ainsi que sur la lutte contre le viol et l’inceste. Une dé­marche qui s’inscrit dans une dynamique de défense des droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) à Madagascar.
Cette réunion a rassemblé, entre autres, des représentants étatiques, des professionnels de santé, des juristes, des chercheurs de l’université ainsi que des représentants de la société civile et des médias. Elle a permis d’aboutir à un positionnement collectif en faveur d’un cadre légal pour l’IMG, une meilleure compréhension des enjeux médicaux y afférent. Une élaboration d’une stratégie commune de plaidoyer auprès des instances parlementaires est ainsi en perspective. Le but étant de permettre à ces dernières de porter une proposition de loi renforcée à la prochaine session de l’AN et, à titre de mesures d’accompagnement, de relancer également le comité de suivi de cette initiative législative.

Sera R.

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