Aux Seychelles, lors des Jeux de la CJSOI 2025, Madagascar a mordu la poussière. Avec seulement 49 médailles : 15 en or, 19 en argent, 15 en bronze pour 73 athlètes engagés, la Grande Île a été reléguée à l’ombre des mastodontes réunionnais et mauriciens. La Réunion, avec ses 138 breloques dont 59 dorées, et Maurice, avec 115 médailles, ont dansé sur la scène régionale, laissant Madagascar à la traîne, loin derrière l’éclat des Seychelles, hôte généreux mais modeste avec 70 médailles.
Onze disciplines, de l’athlétisme au volley-ball, en passant par la voile et la boxe, ont rythmé cette édition. Mais pour Madagascar, le chant des sirènes a vite viré au requiem. Pourquoi un tel fiasco ? La réponse n’a rien d’un mystère insondable. Le ministère de la Jeunesse et des sports (MJS) a joué les avares, limitant drastiquement le contingent malgache à 73 compétiteurs, un chiffre famélique face aux 109 Réunionnais et 125 Mauriciens. Moins de soldats sur le champ de bataille, c’est moins de chances de ramener des lauriers.
Pire encore, la préparation des jeunes pousses Malgaches a été menée au pas de tortue. Les fédérations, laissées à l’abandon, ont dû ramer contre vents et marées, sans moyens ni soutien nécessaires. Pendant que La Réunion et Maurice affûtaient leurs armes, Madagascar bricolait dans l’urgence, jetant ses athlètes dans l’arène sans véritable préparation. Le résultat : Une moisson bien maigre, loin des ambitions d’antan. Les Réunionnais, portés par une organisation huilée comme une horloge, et les Mauriciens, galvanisés par leur profondeur de banc, ont fait parler la poudre, raflant médailles sur médailles.
Madagascar, jadis capable de tenir la dragée haute à ses voisins, a semblé courir après son ombre. Ce n’est pas une question de talent brut, les jeunes Malgaches en ont à revendre mais d’un manque cruel de vision et de moyens. Le MJS, en jouant les pingres, a scié la branche sur laquelle il était assis. Si la Grande Île veut redorer son blason, il faudra mettre les bouchées doubles : investir dans les fédérations, anticiper plutôt que subir, et donner à ses athlètes les ailes pour voler, pas juste de quoi planer. Sans cela, les Jeux de la CJSOI resteront un miroir cruel, reflétant des rêves brisés sous le poids des occasions manquées.
Naisa




