Lors du 7e Salon de la recherche au service de l’économie et de l’emploi, qui s’est déroulé la semaine passée à l’esplanade Ankatso, une étudiante en Master2 à l’université du Vakinankaratra, Sahaza Ranaivonirina, a présenté un projet de recherche intitulé « Rhipsalis madagascariensis, un allié naturel pour la repousse capillaire ». Une étude phytochimique suivie d’une validation biologique qui vise à confirmer scientifiquement l’usage traditionnel d’une plante endémique de Madagascar dans le soin des cheveux. Cela en identifiant ses composés actifs et en validant leur efficacité par des tests biologiques. Interview.
* Les Nouvelles : Pourquoi avoir choisi ce thème dans vos recherches ?
– Sahaza Ranaivonirina : L’idée est née de l’observation des savoirs traditionnels dans la région Atsinanana où la plante « Rhipsalis madagascariensis » est utilisée pour favoriser la repousse capillaire. En tant qu’étudiante en environnement et intéressée par la valorisation des ressources naturelles, j’ai voulu allier cette tradition à une validation scientifique, afin de développer un produit local à potentiel médical, économique et environnemental.
* Quels sont les principaux axes de votre étude ?
– Mon projet se décline en trois axes. Le premier sur l’identification phytochimique des composés bioactifs de la plante, le deuxième sur la validation biologique sur modèle animal afin d’évaluer l’efficacité sur la repousse capillaire et les éventuelles toxicités, et le troisième sur la formulation cosmétique d’une crème naturelle intégrant 10% d’extrait de plante, stable et applicable en topique.
* Pouvez-vous résumer vos principaux résultats ?
– Les tests phytochimiques ont révélé la présence de quatre familles de composés, dont certains possèdent une activité antioxydante significative par rapport au produit de référence : l’acide ascorbique. Les essais sur souris ont montré une repousse plus rapide et complète avec la crème contenant l’extrait de Rhipsalis madagascariensis par rapport au témoin. De plus, aucune toxicité aiguë n’a été observée à court terme.
* Selon vous, votre approche est-elle originale ?
– Oui, car la particularité de mon travail réside dans la transformation d’un savoir traditionnel en solution scientifique validée, en intégrant des méthodes modernes d’extraction, d’analyse et de formulation. Ce n’est pas seulement un projet de recherche, mais une passerelle entre patrimoine local et innovation.
* Quels sont vos perspectives ?
– La prochaine étape consiste à approfondir les tests de sécurité à long terme, à optimiser la formulation, et de collaborer avec des partenaires industriels pour produire un produit cosmétique bio. Il sera aussi essentiel de protéger la ressource par une culture durable de la plante, afin d’éviter une surexploitation sauvage.
Propos recueillis
par Sera R.




