Cité des cultures : la Valiha fait son atelier

Du 21 au 29 août, le musicien, professeur de musique et facteur d’instruments malgaches, Safidy Randriamanantsoa alias Rah Safidy, animera un atelier intitulé « Play Valiha », à la Cité des cultures Antaninarenina. L’objectif étant de lever le voile sur cet instrument à cordes et transmettre les techniques de jeu ainsi que le riche patrimoine musical qu’elle incarne.

Issu d’une lignée d’artistes, où son grand-père Radimy était une figure emblématique du Hiragasy et du vakodrazana, et son père Seta Randriamanan­tsoa, membre de groupes emblématiques comme Kan­gasy, Rakotofrah et Feo Gasy, Rah Safidy a grandi au cœur de la musique malgache. Néanmoins, c’est dans la création d’instruments qu’il a découvert sa véritable vocation, un choix réfléchi depuis 2016, porté par une passion qu’il a développée de manière autodidacte.
Actuellement à la tête de l’Atelier de fabrication d’instruments malgaches (Afim) à Ambatomaro, il utilise des matières premières soigneusement choisies, à l’instar du bambou de la région Betsi­misaraka pour fabriquer la valiha. Cela dit, des dispositifs tels que des mécaniques, des micros, des égaliseurs et des systèmes d’amplification viennent également ajouter une dimension moderne à son travail.
Parmi ses créations innovantes figure la valiha mécanique. « Tout en restant fidèle à son apparence et son jeu au modèle d’origine, cette valiha autorise des variations de tonalités, jadis contraintes par la nature diatonique de l’instrument. Elle est également électro-acoustique, adaptée aux grandes scènes et aux petites cérémonies », a-t-il expliqué.
A en croire Safidy Ran­driamanantsoa, il existe de nombreuses variétés de bambou, mais le genre Phyllostachys est le mieux adapté à la fabrication de la valiha. « Sa tige longue, régulière et peu marquée par des nœuds, en fait un matériau idéal pour la confection de cet instrument traditionnel. Cette espèce est largement présente dans l’Est de Madagascar, notamment dans les régions habitées par les communautés Bezanozano et Betsimisaraka, où elle est exploitée depuis des générations à des fins artisanales et musicales ».

Joachin Michaël

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