Mercredi des idées en goguette: Un buzz de plus

En politique, visiblement, tout est bon à prendre pour déstabiliser l’adversaire. C’est, en tout cas, ce que mon­tre le dernier re­mous qui a agité le petit mon­de des réseaux sociaux ces derniers jours. Le point de départ ? Une déclaration de la directrice en charge des relations internationales et, qui plus est, porte-parole du président de la République, à propos des professeurs en médecine. Un seul mot prononcé au détour d’une phrase a suffi pour provoquer un tollé sur la toile. Comme souvent, il n’en fallait pas plus pour transformer une séquence anodine en affaire nationale.

Le hic, c’est que la plupart des internautes n’ont pas pris la pei­ne de revoir l’interview dans son intégralité pour comprendre ce qu’elle voulait réellement dire. Beaucoup se sont contentés de la courte séquence, savamment découpée par une page Facebook dont l’accointance politique n’est plus à présenter. Ré­sultat, la polémique a pris de l’ampleur, sans que la majorité ne cherche à replacer ses propos dans leur contexte. Pour­tant, il suffisait de ré­écouter pour saisir leur sens initial.

Que les choses soient claires, il ne s’agit pas ici de plaider sa cause. Elle a les moyens de se dé­fendre, et le mal est déjà fait. Elle a d’ailleurs présenté ses excuses, ce qui est une bonne chose. Mais cet épisode illustre à mer­veille la manière dont les réseaux sociaux fonctionnent aujourd’hui : ils transforment une phrase en tempête et un lapsus en scandale. Dans cet environnement, un por­te-parole ne parle plus seulement à un public présent dans la salle ou devant la télévision, mais aussi à un tribunal permanent.

En tout cas, ces dernières années, les ré­seaux sociaux se sont mués en véritables dé­fouloirs, particulièrement pour les acteurs politiques en mal d’argu­ments. Hier, on s’échauf­fait autour de « l’affaire d’Ambohimalaza », au­jourd’hui, c’est l’interview de la porte-parole ; demain… nul ne sait en­core. Ce qui est certain, c’est que désormais tout se règle sur la toile et autre phénomène in­quié­tant, chacun devient ex­pert selon le sujet du mo­ment. Sur les réseaux, on peut être tour à tour mé­decin, ingénieur de la Jira­ma, économiste ou juriste, sans la moindre formation dans le do­mai­ne.

Si autrefois, une po­lémique prenait le temps de se construire ; au­jourd’hui, elle explose en quelques minutes, souvent à partir d’un extrait sorti de son con­texte et que l’émotion remplace l’analyse.

Cela dit, cette affaire de mot mal interprété n’est qu’un épisode de plus dans une série qui n’a malheureusement pas de fin. Demain, une autre phrase, un autre geste ou une autre image de­viendra « le » sujet brûlant du jour. Et cela ne va pas cesser dans l’immédiat.

Rakoto

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