Lors de la 7e édition du Salon de la recherche au service de l’économie et de l’emploi, à Ankatso au début de ce mois d’août, Oliveira Ramiandrisoa, un étudiant en Master 2 de l’Université de Vakinankaratra, mention Environnement, a présenté les résultats de sa recherche intitulée « De la biodiversité malgache aux nouvelles thérapies, le potentiel antimicrobien de Homalium Albiflorum, une plante endémique de Madagascar », connue sous le nom de « Kikazana ».
*Les Nouvelles : Il existe un grand nombre de plantes aux multiples vertus thérapeutique à Madagascar, mais vous avez choisi le « Kikazana »…
– Oliveira Ramiandrisoa : Ce thème nous a été attribué, afin d’apporter des réponses au problème de la résistance aux antibiotiques, l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale. Nous avons choisi de travailler sur Homalium Albiflorum, car elle fait partie du genre Homalium, riche en métabolites secondaires. C’est aussi l’une des espèces endémiques qui n’avait jamais fait l’objet d’une étude chimique. Et on s’est dit que pour trouver des nouvelles solutions, il faut mener des études scientifiques là-dessus
* Et les résultats sont-ils prometteurs ?
– Nous avons d’abord réalisé des criblages phytochimiques, qui ont révélé la présence de flavonoïdes, de terpénoïdes et de corps phénoliques. Ces composés sont souvent à la base des propriétés thérapeutiques des plantes. Ensuite, nous avons testé l’extrait de la plante sur cinq bactéries à Gram positif, trois à Gram négatif et une levure. Puis, nous avons observé une activité bactériostatique sur « Bacillus cereus », avec une concentration de 100 mg/ml et une Concentration Minimale Inhibitrice (CMI) de 6,25 mg/ml. C’est un résultat très encourageant comparé à celle d’une espèce du même genre. Il confirme le potentiel antimicrobien de cette plante.
*Quelles sont les prochaines étapes de votre projet?
– Ces résultats ouvrent de nombreuses perspectives. Nous allons maintenant travailler à isoler et identifier les molécules spécifiques responsables de cette activité. Notre objectif est de valoriser le patrimoine naturel de Madagascar en contribuant à la découverte de nouvelles thérapies pour lutter contre la crise de la résistance microbienne aux antibiotiques.
Propos recueillis par Sera R.




