Quête d’industrialisation : la transition énergétique au centre des intérêts

Madagascar est toujours en quête d’industrialisation. Plus que jamais, la transition énergétique se trouve au centre des intérêts. Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Olivier Jean Baptiste, a mis en lumière, au cours d’un panel tenu dans le cadre de la Semaine de l’industrialisation de la SADC, les défis majeurs auxquels Madagascar fait face dans le secteur énergétique.

Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Olivier Jean Baptiste, a rappelé que, tout comme dans la plupart des pays membres de la SADC et même à l’échelle africaine, l’enjeu principal reste l’accès à l’électricité, qui demeure limité. Alors que la moyenne africaine est estimée à 45%, Madagascar n’atteint encore que 35%, et ce taux chute à 15% en milieu rural. Selon lui, l’augmentation de l’accès à l’électricité, tant pour la population que pour les entreprises, constitue la priorité des autorités malgaches.

Le ministre a également souligné l’importance de la transition énergétique dans le processus d’industrialisation et de développe- ment du pays. Cette transition, a-t-il précisé, doit se faire en tenant compte des impératifs liés au changement climatique et à la préservation de la biodiversité, tout en valorisant les ressources naturelles.

Sur le plan technique, Olivier Jean Baptiste a rappelé que la puissance installée actuelle à Madagascar n’est que de 800 mégawatts, ce qui reste très insuffisant face aux besoins croissants de la population et des industries. L’objectif est de porter cette capacité à 2.000 mégawatts dans les prochaines années, soit près de quatre fois plus qu’aujourd’hui. Il a également relevé l’ancienneté des installations, l’obsolescence des lignes de transport, la saturation du réseau ainsi que les pertes techniques et commerciales trop élevées.

Le ministre a par ailleurs indiqué que 65% de l’électricité produite dans le pays provient encore de centrales thermiques. Le gouvernement ambitionne cependant d’inverser cette tendance et de porter la part des énergies renouvelables à 70% voire 80%. Madagascar dispose en effet d’un potentiel hydroélectrique estimé à 7 800 mégawatts, dont seulement 500 sont exploités actuellement. Plusieurs projets structurants sont en cours, tels que la centrale de Volobe (120 MW), une centrale de près de 200 MW sur la RN7, ainsi que d’autres installations de 64 MW et 140 MW destinées à renforcer le réseau interconnecté de la capitale.

Outre l’hydroélectricité, le ministre a mis en avant le développement de centrales solaires et de parcs éoliens. Il a rappelé que Madagascar bénéficie de plus de 2 500 heures d’ensoleillement par an, ce qui représente un fort potentiel pour la production solaire. Des projets de centrales solaires de 100 MW par an sont déjà lancés, auxquels s’ajoutent des initiatives pour l’électrification rurale, évaluées entre 250 et 300 MW.

Il a insisté sur le fait que la dépendance actuelle aux énergies fossiles pèse lourdement sur la société nationale d’électricité Jirama et sur le budget de l’État, freinant ainsi la baisse du coût de l’énergie et l’élargissement de l’accès pour tous. L’atteinte de l’ODD n°7, qui vise à fournir une énergie durable, fiable et abordable, constitue selon lui un objectif prioritaire.

Olivier Jean Baptiste a également rappelé que Madagascar a présenté un programme ambitieux dans le cadre de la Mission 300, initiée par la Banque mondiale, dont la finalité est de donner accès à l’électricité à 300 millions d’Africains. Pour Madagascar, la cible est d’atteindre 80 % d’accès à l’électricité, grâce à une combinaison d’investissements publics, privés et de partenariats avec les bailleurs de fonds.

Par ailleurs, le ministre a souligné que l’énergie occupe une place centrale dans la stratégie d’industrialisation du pays. Il a réaffirmé l’ouverture du secteur énergétique malgache à toutes formes de collaboration régionale, internationale, privée et publique afin de relever ensemble les défis communs aux pays de la SADC.
De plus, l’adhésion de Madagascar au Centre de la SADC pour les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique, marquant ainsi la volonté ferme du pays de s’inscrire dans une dynamique régionale de transition énergétique et d’efficacité accrue.

 

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