Antananarivo en liesse : « Merci Barea »

Certes, les Barea de Madagascar n’ont pas gagné le championnat d’Afrique des Nations (Chan), mais ils ont conquis le cœur de toute une nation et même de l’Afrique, après leur deuxième place historique pour une deuxième participation à cette joute continentale. Ils ont eu droit à un accueil triomphal hier, comme des champions. Les Barea font la fierté de tout un peuple.

C’est une foule survoltée qui a inondé l’enceinte de l’aéroport d’Ivato et les rues aux alentours jusqu’au stade de Mahamasina à partir de 15 heures, venue acclamer les Barea de Madagascar sacrés vice-champions d’Afrique. Des klaxons, des sifflets, des chants sont allés crescendo. Une véritable marée hu­maine a réservé un accueil grandiose au car des jou­eurs. Des cris d’émotion résonnent jusqu’aux toits. Ce n’est pas seulement « Alefa Barea » qui résonne, mais également un immense «Merci Barea».
« Je suis hypercontent. Je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie. Ce que les Barea ont accompli est gigantesque. Ils ont joué avec leur cœur, ils nous ont rendus fiers. Ce qu’ils ont fait est tout simplement magnifique et pour cela, nous devons tous vous dire Misaotra Barea (Merci les Barea», lance Ludovic Raheriniaina.

Euphorie partout
L’euphorie et une scène de liesses partout. Sur les trottoirs, aux balcons, sur les toits des voitures, des dizaines de milliers de Malgaches chantent et dansent. Chaque visage dans la foule raconte une histoire : celle de la fierté, de l’unité, du dépassement. Les enfants brandissent des pancartes griffonnées à la hâte, les anciens esquissent des sourires silencieux. Tous partagent la même émotion, celle d’un peuple qui se reconnaît dans ses champions.
« Ce que les Barea ont accompli, c’est plus qu’un exploit sportif. C’est une victoire pour l’unité nationale », confie Christian, 53 ans. Il observe la scène, debout sur un muret, les bras croisés sur le drapeau. « Dans un pays où les différences nous divisent parfois, aujourd’hui, tout le monde est uni. Et ça… ça, c’est inoubliable. », poursuit-il.
Le cortège s’arrête enfin à Mahamasina vers 19 heures ou beaucoup de monde attend encore les Barea dont le président de la République Andry Rajoelina. Là, au cœur d’Antananarivo, les joueurs descendent du bus sous les acclamations. Ils saluent, sourient, prennent le temps de dire également merci à leurs supporteurs.
Le stade n’accueille pas un match, hier mais il vibre comme jamais. Et dans cette joie collective que les Malgaches disent « Merci Barea. »

Soafara Pharlin

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