Mercredi des idées en goguette: Vive la rentrée !

Les Barea nous ont bien fait vibrer. L’eu­phorie de la victoire d’une équipe qui a su porter haut le flambeau national est en train de retomber doucement. Après quelques jours de liesse et deux mois et demi de vacances, enfin pour ceux qui ont pu s’en offrir. Main­tenant, place au retour à la réalité avec la rentrée. Hier, une grande partie des écoles privées de la capitale ont d’ailleurs ouvert officiellement leurs portes. Mais la rentrée n’arrive jamais seule, elle s’accompagne de son lot de dépenses, de courses effrénées et de discussions animées au­tour de la fameuse liste de fournitures scolaires.
Car oui, ce n’est pas une mince affaire. Face à des listes bien fournies et à la hausse constante des prix, les parents doivent jongler avec les budgets. Avec un enfant, c’est déjà une galère ; avec deux ou trois, cela de­vient un défi de taille. Pourtant, malgré les difficultés du quotidien, la plupart des parents ne lésinent pas sur les efforts pour que leurs enfants ne manquent de rien. Et c’est réjouissant de constater que dans bien des familles, la scolarité reste une priorité. Comme le disait un parent croisé au marché d’Analakely « tena tia mampianatra ny gasy » (les malagasy aiment éduquer leurs enfants). La scène était aussi éloquente au marché de fournitures organisé à Mahamasina par quel­ques départements mi­nistériels car à l’annonce de l’ouverture de la vente à prix réduit, des parents se sont précipités. Dommage que des problèmes d’organisation aient terni une initiative pourtant louable et qui mériterait
d’être étendue dans les régions.
Mais la rentrée n’est pas seulement scolaire, elle est aussi politique. Tandis que le gouvernement refait surface sur la scène médiatique, l’opposition n’est pas en reste. Pour l’exécutif, les défis ne manquent pas. À peine sorti d’un sommet international, plusieurs ministres se retrouvent déjà sous le feu des projecteurs pour leur gestion maladroite d’affaires sensibles, com­me celle des empoisonnements qui avait alors agité l’opinion publique avant le sommet de la SADC. Sans parler des éternels problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité qui continuent de hanter le quotidien de nombreux foyers dans les grandes villes. Des sujets qui ne manquent pas de mettre la pression à l’équipe gouvernementale, sommée de trouver des solutions durables. Sans oublier que la rentrée signifie aussi le retour des em­bouteillages dans la ca­pi­tale. Ça aussi, c’est un autre problème à régler.
Finalement, rentrée scolaire ou rentrée politique, le tableau est le même: beaucoup d’attentes, des défis immenses et une bonne dose d’incertitude.

Rakoto

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