Le président de la République, Andry Rajoelina, a reçu hier au Palais d’Etat d’Iavoloha les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), lors d’une réunion stratégique centrée sur le renforcement de la coopération institutionnelle dans la lutte contre la corruption. Il s’agit de la première rencontre officielle depuis l’installation du nouveau bureau du CSM en décembre 2023.
La lutte contre la corruption, un problème majeur qui nuit depuis longtemps à la gouvernance à Madagascar a été au cœur des échanges. Le président Rajoelina a insisté sur l’importance d’un système judiciaire fort, indépendant et crédible pour assurer le bon fonctionnement de la démocratie et garantir l’équité devant la loi.
De son côté, le CSM a exprimé sa disponibilité à collaborer étroitement avec l’exécutif, tout en rappelant son attachement au principe de séparation des pouvoirs. Le CSM souhaite renforcer l’indépendance de la Justice, améliorer son efficacité et rétablir la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires.
Une reconnaissance de l’indépendance judiciaire
Le Secrétaire général du CSM, Marcellin Zafimihary, a salué le président de la République pour son respect de l’autonomie du pouvoir judiciaire. Il a souligné que le chef de l’Etat n’est jamais intervenu dans les affaires judiciaires, en accord avec l’article 104 de la Constitution, qui garantit l’indépendance de la Justice à Madagascar.
Cette déclaration publique vient confirmer la posture de neutralité adoptée par le président dans un contexte où la pression politique sur les affaires judiciaires reste une préoccupation persistante.
Le Conseil Supérieur de la Magistrature est une institution constitutionnelle indépendante, chargée de garantir l’indépendance de la Justice et de gérer la carrière des magistrats. Il intervient dans la nomination, l’avancement, la discipline et la mobilité des juges. Il est composé de 21 membres, dont 4 membres de droit, 14 magistrats élus par leurs pairs, 2 enseignants-chercheurs issus du domaine juridique, et un représentant de la société civile. Son autonomie vis-à-vis du pouvoir exécutif est essentielle pour préserver l’équilibre démocratique et assurer un traitement impartial des affaires judiciaires.
N.A




