Trop tard

Même avec cinq so­ciétés opérant sur le marché de l’assurance et de la réassurance, 92% des Malgaches ne disposent pas d’une couverture. Ce qui fait qu’au niveau de l’économie nationale, le poids de l’assurance ne dépasse pas le 0,7% du PIB (Produit intérieur brut). Ce qui est très bas comparé à la situation dans d’autres pays africains.
Cette situation s’explique par différentes causes. Tout d’abord, on peut citer l’absence d’une culture assurantielle : Beaucoup trop de gens ne connaissent pas le principe de l’assurance qui, en résumé, est un contrat par lequel un assureur s’engage à couvrir un risque moyennant le paiement d’une prime, offrant ainsi une protection financière en cas d’évènement imprévu.
Le faible pouvoir d’achat des Malgaches explique également la pénétration limitée de l’assurance dans la société. Pour beaucoup, il existe beaucoup d’autres priorités telles que la nourriture, la santé, la scolarité des enfants…. Pour cette raison, les besoins de sécurité comme l’assurance passent en second ordre.
Par ailleurs, dans la majorité des cas, les offres sont concentrées dans les grandes villes. De ce fait, elles sont inaccessibles à la population rurale qui est pourtant majoritaire. C’est ainsi que l’assurance est perçue comme étant un produit réservé aux citadins et aux entreprises et encore, à quelques rares privilégiés.
Il existe plusieurs types d’assurances et le choix est vraiment large. Mais les plus connues sont l’assurance automobile, l’assurance habitation, l’assurance santé, l’assurance voyage… Bien entendu, c’est l’assurance automobile qui est la plus connue de tous parce que contracter une police d’assurance automobile est obligatoire pour permettre au véhicule de circuler.
Le paysage de l’assurance a changé au fil du temps. Ainsi, de nouveaux produits sont offerts par les compagnies d’assurance au fur et à mesure des besoins. L’assurance agricole figure parmi les derniers-nés à Madagascar. Mais pour le moment, elle n’attire pas encore massivement les ruraux alors qu’elle fournit un minimum de sécurité aux activités rurales.
Avec tous les aléas qui entourent les activité agricoles (sécheresse, inondation, grêle, … ), ce type d’assurance devrait connaître un énorme succès dans le pays dans la mesure où la majorité de la population est constituée de ruraux. Pourtant, ce n’est pas encore le cas, loin s’en faut. Les agriculteurs font toujours confiance à leurs connaissances empiriques.
L’imprévisibilité du sinistre les amène à ne pas souscrire une police d’assurance d’autant plus que ce n’est pas obligatoire. Et ils ne manquent pas de considérer que l’assurance est un vol légalisé. C’est seulement quand le si­nistre arrive qu’ils comprennent toute l’importance de l’assurance. Mais bien souvent, il est trop tard.

Ranaivo Lala Honoré

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