Plus la fin de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) ce 30 septembre approche, plus les négociations dans leur dernière ligne droite, s’intensifient au vu des enjeux. Et Madagascar a des atouts à faire valoir, à savoir les minerais stratégiques, pour amener le gouvernement américain à passer un accord et renouveler ce programme de préférences commerciales.
Pour le gouvernement américain, l’Agoa n’a pas répondu aux attentes fixées en 2000, au moment de sa mise en œuvre. Les Etats-Unis ont même fait savoir qu’ils ne sont pas les gagnants contrairement aux pays africains qui en ont tiré parti. Raison pour laquelle, l’expiration de l’accord de l’Agoa, est une occasion pour les américains de changer en quelque sorte la donne sur les exonérations de droits de douane, accordées aux pays africains exportateurs vers les Etats-Unis.
Autrement dit, malgré les doutes et un avenir incertain de l’Agoa, l’administration Trump ne semble pas avoir l’intention de tirer définitivement un trait sur cet accord, tant que les pays concernés sont prêts à négocier tout en proposant des contreparties, avec de nouvelles modalités.
Et c’est le cas de Madagascar qui a envoyé une lourde délégation à Washington, composée du ministre de l’Industrialisation et du Commerce, David Ralambofiringa, du ministre des Mines, Olivier Rakotomalala, du Directeur Général des Douanes, Lainkana Ernest Zafivanona et des représentants du secteur privé, à savoir le GEFP, Mazava, Gama et le GEVM. Déjà sur place, l’Ambassadrice de Madagascar, Lantosoa Rakotomalala, facilite les échanges avec les États-Unis.
Et dans ce contexte, Madagascar compte bien obtenir le renouvellement de l’Agoa, en mettant avant ses atouts qui pèsent lourd dans la balance, notamment les minerais stratégiques très convoitées par les grandes puissances dont les Etats-Unis. A ce sujet, à part les réunions avec les autorités américaines, cette délégation a plaidé les causes malgaches devant le congrès américain le 11 septembre.
«Le fait que Madagascar dispose d’une certaine quantité de minerais critiques s’est trouvé être un atout majeur qu’on a mis sur table», a souligné le ministre des Mines, Olivier Rakotomalala.
Dans la même foulée, le ministre David Ralambofiringa a avancé que le gouvernement américain a déjà annoncé qu’il envisageait une amélioration, une révision, voire une modification de l’Agoa. «Les forces ont été réunies, pour repousser la date de fin de l’Agoa dans sa forme actuelle, tout en examinant les améliorations possibles et les perspectives de coopération avec les Américains», a-t-il déclaré.
Le Directeur Général des Douanes a quant à lui été chargé de discuter avec les techniciens et les décideurs américains. «En cas de suspension de l’Agoa, certaines taxes s’appliqueront immédiatement, ce qui alourdira les charges des opérateurs économiques bénéficiaires. Des mesures d’atténuation de ces impacts ont été discutées» a-t-il spécifié.
A noter que Madagascar ne mène pas cette plaidoirie seul, mais aux côtés de différents pays africains. Des consultations ont d’ailleurs déjà eu lieu avec des responsables venus du Kenya, du Lesotho, de la Tanzanie et de l’île Maurice, sous la coordination de l’Ambassade malagasy à Washington, le 8 septembre.
Jean Riana




